DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE

Le Bureau Politique du Parti Communiste du Bénin (PCB) s’est réuni le jeudi 29 novembre 2018 à Cotonou. Entres autres questions touchant à l’analyse de la situation nationale, il a été traité les implications politiques des lois scélérates du pouvoir de la Rupture notamment, les lois portant Charte des partis politiques et code électoral.
1°- Après la chute du PRPB et l’avènement du Renouveau Démocratique, notre Parti n’avait cessé de mettre en garde contre les illusions qui consistaient à faire croire que c’est la Conférence Nationale qui a accouché des libertés et non les luttes et les sacrifices de notre peuple. Le Parti communiste du Bénin n’a jamais cessé de dire qu’en ne demandant pas des comptes aux tortionnaires, qu’en ne célébrant pas les combattants pour leur esprit d’abnégation, de sacrifice et leur patriotisme comme exemple à suivre par les jeunes générations, on faisait le lit d’une nouvelle dictature. Depuis avril 2016, cette nouvelle dictature autocratique sévit dans notre pays et s’est complètement installée avec les lois les plus scélérates contre le peuple. C’est dans le cadre de la dictature que s’inscrivent les lois portant Chate des partis et code électoral

ADRESSE XVII
Aux travailleurs et au peuple en lutte !
A tous les Démocrates du Bénin et du Monde !

COMBATTRE PAR TOUS MOYENS LEGITIMES LA
COUR DE REPRESSION DES INFRACTIONS ECONOMIQUES ET DU TERRORISME
(C R I E T)

 

Par décision en date du 18 Octobre 2018, la « Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme »( CRIET) créée par la loi 2018-13 du 02 Juillet 2018 a condamné à 20 ans de prison ferme et 5 millions d’amende, AJAVON Sébastien ainsi que ses co-accusés. Un mandat d’Arrêt International a été émis contre le condamné, absent au prétoire mais représenté par ses conseils. Tel est le verdict de cette Cour présidée pour la circonstance par le juge Gangni Edouard. Ainsi en a requis le Procureur Spécial, Ulrich Togbonon ; ainsi en a décidé le Juge Gangni!
Tout comme au prononcé des verdicts de condamnation contre METONGNON Laurent et Co-accusés, contre KOROGONE, et peut-être encore plus, à cause de la situation sociale de l’homme d’affaires béninois, l’émotion a été grande au sein de la population béninoise. Des protestations fusent de partout. Et à bon droit. A commencer d’abord par les Avocats- conseils de Sébastien AJAVON récusés par le Juge GANGNI et interdits de parole à l’audience. « Non, inacceptable !… Ce n’est pas possible » entend-on ! Pour une affaire déjà jugée et revêtue d’autorité de chose jugée parce que non objet d‘appel ! Et on annonce déjà, et ceci à l’encontre des dispositions expresses de la loi elle-même qui l’a créée en son article 20, qu’une affaire qui a passé la phase d’instruction et jugée en première instance comme celle des condamnés de la CNSS (Laurent METONGNON et co-accusés) sera rappelée devant la fameuse Cour le 15 novembre prochain !
Le constat est sans appel « Plus de justice crédible dans notre pays, le Bénin ! » telle est la seule conclusion sérieuse.

A PROPOS DU SCANDALE DES 4,5 MILLIARDS DE LA CAISSE NATIONALE DE SECURITE SOCIALE (CNSS)

Le vendredi 12 octobre 2018, plusieurs journaux porte-parole du gouvernement ont (enfin) publié des éléments de réponse, des " preuves", suite à l’interpellation (diffusée largement sur les réseaux sociaux fin septembre 2018) du conseil d’administration de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) par un syndicaliste, sur la destination des fonds d’un chèque devant servir à libérer les actions souscrites par la CNSS dans le capital de la BIBE : affaire des 4,5 milliards de FCFA qui défrayait la chronique depuis des semaines.
Les preuves sont constituées par deux relevés bancaires, une photocopie de chèque ainsi qu’une lettre du DG /BIBE au DG de la CNSS.
La présentation de ses preuves par le journal "Le Matinal" a été précédée de ses commentaires d’où suintait son fiel par le SYNATASS, un syndicat de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale. C’était comme un signe précurseur : depuis, le SG SYNATASS a écopé d’une mise à pied de huit jours sans solde.
Quelle crédibilité attacher à ces « preuves » ?

DECLARATION
A PROPOS DE LA SITUATION POLITIQUE NATIONALE ET LES EXIGENCES ACTUELLES
DES TRAVAILLEURS, DE LA JEUNESSE ET DU PEUPLE

 

1- Le 27 août 2018, dans une "plainte adresse" à l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption (ANLC) et diffusée à l’attention de l’opinion nationale et internationale, une citoyenne écrit : « accusations contre Monsieur Patrice Talon, Président de la République pour corruption, enrichissement illicite et autres infractions connexes ». A l’appui de cette "plainte adresse", il est indiqué, sur la base de pièces et annonces de l’Agence de Promotion des Investissements et des Exportations (APIEx, chargée de la création d’entreprise, modifications de statuts), que le Président Patrice Talon est toujours, juridiquement propriétaire et/ou administrateur de nombreuses sociétés unipersonnelles ou anonymes d’investissement financier (SCP), de coton (CCB), d’intrants agricoles (SDI), de gestion immobilière (SIGIB), de contrôle des importations (Bénin Control), etc., sociétés desquelles il avait déclaré s’être retiré.
Quelques jours après la publication de cette plainte, on apprend que le Dg de l’APIEx est limogé de son poste, pendant qu’on observe un silence radio de la part de l’Anlc, structure sous tutelle du Président de la République et sans qu’il ne soit publié aucun démenti des graves accusations portées contre le Président Patrice Talon qui « choisit consciemment de continuer à baigner dans un océan de conflits d’intérêt. »
Conclusion : Patrice Talon, Président de la République et Chef de l’Etat du Bénin, reste et demeure Chef d’entreprises et passible à cet égard de crime d’atteinte à l’honneur et à la probité.

Editorial : Piller sans merci les travailleurs et le pays, réduire le peuple et les citoyens au silence

Ces derniers jours ont connu l’avalanche de lois et décrets allant tous dans le sens de faire des citoyens du Bénin des sujets taillables et corvéables à merci. Les nouvelles taxes au péage et au pesage ainsi que sur les réseaux sociaux sont décidées sans passer par le parlement, et applicables sans délai. De l’autre côté, les lois les plus scélérates sont votées et promulguées afin d’une part de pressurer encore plus les travailleurs et le peuple, et d’autre part de les réduire au silence. La nouvelle loi sur la grève supprime dans les faits ce droit et laisse les coudées franches et libres au pouvoir et au patron de surexploiter et d’opprimer les travailleurs. Quant aux lois portant charte des partis et code électoral, elles suppriment également dans les faits les droits politiques des classes et couches populaires, légalisent le vote censitaire et instaurent le pouvoir des riches mafieux au service d’une dictature autocratique.