Elections législatives de janvier 2023 au Bénin
Les amis Yayi et Talon en bonne entente

NOTE DE LA REDACTION


Comme c’est désormais connu, la Direction du Parti « Les Démocrates », le Parti de YAYI Boni et de Eric HOUNDETE est en pleine campagne de « Remobilisation » en vue des prochaines élections législatives de Janvier 2023. Avec force déploiement de moyens, ils remplissent les salles, déclarent partout vouloir lutter contre les « injustices, l’exclusion, la faim et la cherté de la vie ». Ils ne parlent d’ailleurs plus de restaurer la démocratie ! Ce qui est plus spectaculaire, c’est qu’ils se présentent partout comme le Messie, le « Moise » de la Bible envoyé par Dieu pour sauver le Peuple béninois des griffes du « Pharaon » Talon. Encore une fois « Des vendeurs du vent » pour illusionner le Peuple après dix années de gestion chaotique de ce pays. Mais la politique de l’équipe de YAYI-HOUNDETE Eric est-elle fondamentalement différente de celle en cours en ce moment ?


Dans le numéro 390 du 26 février 2021, publié à la veille de l’élection présidentielle d’avril 2021, on écrivait un Article au destin prémonitoire intitulé « Pourquoi combattre tout retour en arrière en même temps que Talon ?»


Le contenu de cet article disait ceci « YAYI Boni était-il démocrate ? Ou si l’on veut, la gouvernance de YAYI était-elle respectueuse des principes démocratiques ? Ses thuriféraires veulent le faire accroire et en tout cas, ils le chantent en parlant de la gouvernance autocratique de la Rupture actuelle… C’est déjà sous YAYI Boni que le droit de grève a été retiré aux travailleurs de la douane, parce qu’ils protestaient contre la livraison du contrôle des importations à Bénin-Control de Patrice Talon ; ….La gouvernance de YAYI Boni, avec l’équipe qui s’active aujourd’hui autour de lui sous différents visages, n’était pas très loin de ce qu’ils condamnent aujourd’hui avec le pouvoir de la Rupture… En fait Patrice TALON, c’est YAYI Boni…… on ne peut exclure…. un deal nouveau,…entre les deux personnages sur le dos du peuple ! Nous devons combattre les deux parce qu’ils ne sont pas des proies (lièvres) à pourchasser mais des prédateurs aussi dangereux l’un que l’autre.»


Compte tenu de l’actualité de ce document avec l’agitation des membres de l’équipe YAYI- HOUNDETE à la veille des élections législatives, la Rédaction se fait le devoir de le republier à l’attention de ses lecteurs.
Lisez plutôt…

 

« POURQUOI COMBATTRE TOUT RETOUR EN ARRIERE EN MEME TEMPS QUE TALON ?
(La Flamme n° 390 du 26/02/2021)

- C’est quoi revenir en arrière ?
Le débat est désormais lancé. Et ça se discute sur tous les forums de toutes sortes et dans tous les sens surtout depuis que le PCB a lancé le mot d’ordre « Talon dégage ! Non au retour des démons de la Françafrique ! Tout pour la Patrie ! Philippe Noudjènoumè au pouvoir ! ». Certains accusent les militants du PCB de « poursuivre deux lièvres à la fois », ce qui a pour conséquence de rendre illisible sa position. A cela des militants du Parti répondent avec passion. Tout cela est bon ; à la fois pour le combat politique qui fait rage actuellement dans notre pays et pour la vérité historique nécessaire pour l’éducation de la jeunesse et de l’ensemble de notre peuple. On accuse le PCB de poursuivre deux lièvres à la fois. Deux lièvres, ce sont deux proies que l’on veut attraper : mais ici il ne s’agit pas de deux proies que nous chassons, il s’agit bien de deux hyènes, prédatrices de nos chèvres et moutons qu’il faut chasser à la fois ; et vous n’aurez rien fait en chassant l’une et en laissant l’autre.
De quoi s’agit-il ?


Nos ‘’alliés’’, que ce soit « Les Démocrates » ou autres farouches ‘’opposants’’ de Patrice Talon clament ouvertement deux choses : « Chasser Patrice Talon » et « Revenir à la Constitution de 1990 » afin de « Restaurer la démocratie », c’est-à-dire revenir en arrière à des événements et des rapports de force établis d’il y a trente ans. Parler de Constitution, c’est parler de deux fondamentaux que porte cette Constitution, à savoir la gouvernance politique et la gouvernance économique et sociale. Et si l’on interroge l’application de cette Constitution de ces trente dernières années, 1990-2020, celle, la dernière à laquelle on peut se référer parce qu’encore fraîche dans les mémoires, c’est celle qui a précédé celle de Patrice Talon, à savoir la gouvernance du Président Boni YAYI.


Donc revenir à la Constitution de 1990 dans son application, c’est revenir en dernière analyse à celle de Boni YAYI.
Notre Parti, déjà sur le sujet, est revenu à maintes reprises. Mais, nous allons ici traiter de la gouvernance de YAYI Boni, simplement du point de vue politique c’est-à-dire du point de vue de ses rapports à la démocratie et au respect des libertés individuelles et collectives.


2°- Quelques rappels de la gouvernance de YAYI Boni du point de vue de la démocratie
La question est celle-ci : YAYI Boni était-il démocrate ? Ou si l’on veut, la gouvernance de YAYI était-elle respectueuse des principes démocratiques ? Ses thuriféraires veulent le faire accroire et en tous cas, ils le chantent en parlant de la gouvernance autocratique de la Rupture actuelle en faisant fi des faits graves passés.


Mais quelques rappels des hauts faits passés sous YAYI indiquent nettement le contraire.
C’est déjà sous YAYI Boni que le droit de grève a été retiré aux travailleurs de la douane, parce qu’ils protestaient contre la livraison du contrôle des importations à Bénin-Control de Patrice Talon ; une loi a été votée dans ce sens, loi que la Cour Constitutionnelle de Robert Dossou a déclaré constitutionnelle. C’est sous YAYI Boni que les Secrétaires Généraux des centrales syndicales manifestant pacifiquement devant leur siège à la Bourse du Travail, ont été gazés et blessés par des grenades offensives et dont le sang a été traité de « sang de mouton » par ce même YAYI. C’est sous déjà Boni YAYI que le principe de la représentation des travailleurs proportionnellement au poids électoral a été remis en cause avec l’exclusion de la CSTB du Conseil Economique et Social en 2014 ; c’est sous YAYI Boni que déjà la question de la Charte à signer (entre Syndicats et le gouvernement) est intervenue avec Lionel ZINSOU, Premier Ministre. C’est sous YAYI que le jeune FAWAZ manifestant pacifiquement à Natitingou a été abattu froidement le 04/5/ 2011; et pour compléter les choses, l’actuel Secrétaire Général de la CSTB, KASSA MAMPO, alors responsable départemental de la CSTB et membre de la direction de l’Association de Développement de Natitingou (ADENAT) a été arrêté trois fois et envoyé en prison à Missérété en 2013 avec d’autres de ses camarades de Natitingou, Paul FARADITO, Ignace SABI YERIMA et son fils, Philibert SABI YERIMA simplement parce qu’ils exigeaient que les fonds débloqués pour l’aménagement de la ville de Natitingou ne soient pas détournés. C’est sous YAYI Boni que Dame SOHOUDJI, ancienne ministre et Directrice du Conseil National des Chargeurs du Bénin (CNCB) a été assassinée sans que jusqu’à présent, les criminels aient été retrouvés ; c’est sous YAYI que Dangnivo Pierre Urbain a disparu et jamais retrouvé ; c’est sous YAYI que le Président d’ALCRER a été fusillé sans que jusqu’aujourd’hui les criminels soient retrouvés. Face au K.O électoral de 2011, YAYI Boni avec les protestations populaires, a déployé des chars dans les villes de Cotonou et de Porto-Novo et a prêté serment sous état de siège ; il est allé jusqu’à même gazer une manifestation de Députés pro-Houngbédji (avec leur écharpe de député) manifestant pacifiquement à Cotonou dans la zone du « Ciné Okpè-Oluwa », etc.


Si l’on ajoute qu’au temps de YAYI Boni, l’ORTB a été surnommé Office de Radio diffusion et Télévision Boni, et que l’accès y a été interdit à tout opposant, on peut comprendre le sens que YAYI Boni donnait à la démocratie dans notre pays.
Autrement dit, la gouvernance de YAYI Boni, avec l’équipe qui s’active aujourd’hui autour de lui sous différents visages, n’était pas très loin de ce qu’ils condamnent aujourd’hui avec le pouvoir de la Rupture. Certes, on peut se tromper, mais nulle part, on n’a vu un repentir de leur part et la volonté de ne pas recommencer si l’on revient au pouvoir. Alors, revenir au passé, revenir en arrière, c’est revenir à toute cette gouvernance qui n’a rien de démocratique.


3°- En fait Patrice TALON, c’est YAYI Boni


En nous référant à quinze années en arrière, c’est-à-dire à 2006, après les anciens chefs hauts bourgeois que sont Kérékou Mathieu, Nicéphore Soglo, Amoussou Bruno, Houngbédji Adrien, l’on voit émerger deux personnages dont les relations incestueuses jusqu’à ce jour impactent négativement la scène politique du Bénin. Il s’agit de Yayi Boni et Patrice Talon. L’un fabrique politiquement l’autre et réciproquement selon les périodes.
2006 - Talon fabrique YAYI Boni en finançant par des milliards sa campagne, pour le hisser à la tête du pays. En contrepartie, YAYI Boni cède à Talon les secteurs les plus rentables de l’économie nationale, à savoir le coton avec la SODECO et l’import-Export de l’ensemble du pays avec Bénin-Control-PVI.
Pendant sept ans - de 2006 à 2012 -, pour ne pas dire dix ans, YAYI Boni a gouverné le pays par procuration de Talon Patrice. Tous les gouvernements de YAYI ont été formés par Talon et les grands postes stratégiques nommés par lui. Même après les brouilles autour de la manne Bénin et les affaires « d’empoisonnement », l’équipe des ministres, députés, hauts fonctionnaires nommés par Talon sont demeurés en place et ont rejoint officiellement leur Patron « Télécommande », dès que celui-ci a pris les rênes de l’Etat : tels les KOUPAKI Irénée, MATHYS Adidjatou, DEGLA Benoît, Robert GBIAN et l’on en passe.


Finalement, YAYI Boni hisse indirectement Talon au pouvoir, en le diabolisant et en amenant dans ses wagons, un néo-colon débarqué de l’Elysée que notre peuple ne peut jamais accepter.
A l’heure où nous parlons, on ne peut exclure que surgisse un jour un deal nouveau, caché entre les deux personnages sur le dos du peuple ! On a encore en souvenir le projet avorté (à cause de la désapprobation populaire) d’entente avec Talon, négocié et devant se réaliser avec l’accompagnement d’un ancien Chef d’Etat nigérian !


En conclusion, nous redisons que : « Le pouvoir de Patrice Talon est le produit de la politique du Renouveau démocratique arrivé à son paroxysme, parvenu à sa putréfaction ; Talon, lui, en grand bourgeois, et pour protéger son empire financier et économique, ne trouve rien de mieux que d’instaurer un pouvoir despotique, un pouvoir de liquidation des libertés conquises en 1989 et dont certaines sont consacrées par la Constitution de 1990. Nous ne pouvons accepter et il faut le combattre résolument. Mais nous ne devons pas oublier que ce sont les dispositions de cette Constitution du 11 décembre 1990 qui permirent l’arrivée au pouvoir d’un Patrice Talon qui lui-même, n’hésite pas à reconnaître qu’il est un produit du système pour en avoir été l’un des principaux animateurs et profiteurs depuis au moins 1990.


Voilà pourquoi, lorsqu’on nous clame le retour en arrière comme alternative, nous devons combattre les deux, parce qu’ils ne sont pas des proies (lièvres) à pourchasser mais des prédateurs aussi dangereux l’un que l’autre.


Patrice Talon et Boni Yayi, c’est bonnet blanc, blanc bonnet, ou même pipe même tabac, deux faces de la même médaille, appartenant tous les deux au même système de type colonial qu’il faut enrayer pour édifier un Bénin beau, Indépendant, harmonieux et Prospère.
Voilà pourquoi nous redisons et appelons le peuple à dire et réaliser : « Patrice Talon dégage ! » « Non au retour des démons de la FrançAfrique ! Tout pour la Patrie ! Philippe NOUDJENOUME au pouvoir ! »


La Rédaction

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