PARTI COMMUNISTE DU BENIN (PCB)

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REVISION DE LA CONSTITUTION ET D’AUTRES TEXTES DE LOIS ORGANIQUES :

LE CLAN TALON SE DEBAT POUR LA PERENNISATION DE SON SYSTEME AUTOCRATIQUE

DECLARATION

Le jeudi 4 janvier 2024, suite au recours d’un obscur citoyen concernant les parrainages liés à l’élection présidentielle d’avril 2026, la Cour Constitutionnelle ordonne à l'Assemblée nationale de « modifier le code électoral pour, d'une part, rétablir l'égalité du pouvoir de parrainer à l'égard de tous les maires et, d'autre part, rendre conformes à l'article 49 de la Constitution, les dispositions de l'article 142, alinéa 6 de la loi n°2019-43 du 15 novembre 2019 portant code électoral. » Plus tôt le 22 décembre 2023 lors d’une réunion avec le ministre de la Justice des responsables des principales institutions de la République, le Président de l’Assemblée Nationale Louis VLAVONOU a déclaré : « Nous qui sommes ici, nous représentons la Nation toute entière, c’est les Institutions de la République et nous sommes comme une Assemblée Constituante, parce que ce qui se discute et se fait ici, est au-delà de nos pauvres personnes. C’est la refonte totale de tout le système qui est en jeu ». Ces deux évènements intervenus en quelques jours d’intervalle, ont soulevé des débats et continuent de faire couler beaucoup d’encre dans le pays. Dans les dénonciations de Patrice Talon de vouloir réviser la constitution pour se maintenir au pouvoir, on observe des appels de s’opposer par tous les moyens à cette révision. Tous ces débats appellent les réflexions suivantes.

1- De la révision de quelle Constitution s’agit-il ?

Cette première question mérite d’être clarifiée, car de cela dépendent l’attitude correcte à adopter ainsi que l’objectif des luttes à opposer à la volonté du pouvoir de Talon. La Constitution qui régit actuellement notre pays est celle de 2019, adoptée dans la nuit du 1er novembre par les députés de l’Assemblée monocolore de la huitième législature, après la répression sanglante du mouvement populaire en avril et mai 2019. Elle est conçue sous l’éclairage de Dorothée Sossa et Victor Tokpanou qui ont conduit le fameux dialogue de septembre 2019. Cette constitution est une constitution autocratique au seul service de Patrice Talon pour légaliser la dictature imposée dès son arrivée en 2016. Cette Constitution n’est donc pas celle du peuple, au contraire ; elle a été élaborée contre le peuple, dénoncée et combattue comme telle par lui. Le code électoral qui l’accompagne est de la même veine. Voilà les deux textes autocratiques qui structurent la vie politique du pays depuis l’arrivée de Patrice Talon au pouvoir. Ce sont elles qui régissent le système partisan, les élections, etc.

2- Quel bilan de ce système ?

Le bilan global de ce système, c’est d’avoir plongé le peuple dans l’abîme avec la faim endémique, la confiscation de toutes les libertés et le renforcement de notre pays dans la servitude de la France coloniale.

Quant à l’application de cette constitution et de ce code électoral, c’est l’échec total. Concernant l’application de la Constitution bricolée on ne sait comment, dès que le pouvoir constate une difficulté d’application, il fait appel à un obscur citoyen qui fait une requête qui lui permet de réajuster le tir grâce à une Cour Constitutionnelle aux ordres. La décision de révision de la Constitution annoncée par le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou dans son discours lors de l’installation de la 9ème législature en février 2023 indiquait déjà que Talon avait besoin de cette révision pour pérenniser son système de dictature autocratique après 2026. Pour le code électoral, on a vu comment en 2020 en pleine élection des maires après les élections des conseillers, le pouvoir l’a fait modifier pour dessaisir les conseillers élus d’élire les maires et chefs d’arrondissements et confier la décision de choisir les maires par les dirigeants des partis politiques soumis à Talon. Plus tard, tous les maires sont dessaisis de leur autorité et supplantés par des fonctionnaires, les fameux Secrétaires Exécutifs aux ordres de Talon. La nécessité de réviser à nouveau le code électoral indique les turpitudes entourant toutes les réformes du système Talon. Ainsi au bilan, sur le plan de la gouvernance politique, il n’y a plus au Bénin aucune autre souveraineté que celle d’un seul homme, le Souverain Patrice Talon qui a concentré toutes les souverainetés populaires nationales (assemblée nationale), locales (les mairies) et sectorielles (universitaires) en ses seules mains,

La réforme du système partisan est un échec total. Dans les faits, l’Union Progressiste et le Bloc Républicain n’ont pas de réalité effective en dehors de l’autocrate. Ce sont deux partis jumeaux que Patrice Talon manipule à sa guise, auxquels il dicte même publiquement le moment où ils doivent désigner leurs candidats aux élections. Quant aux partis d’opposition, ils ne sont bons que soumis et manipulables. Si ce n’est pas le cas, Talon ne donne pas le récépissé comme il le fait avec le PCB jusqu’à présent.

Tous les tripatouillages des textes fondamentaux (Constitution et Code électoral) envisagés par le pouvoir sont destinés à baliser le terrain pour la pérennisation après 2026 du système de dictature autocratique de Talon, soit avec lui-même au pouvoir ou un des hommes de son clan. Ce que veulent Talon et son clan, c’est pouvoir réaliser contre le peuple « Après nous, c’est nous ».

3- Qu’est-ce qui s’impose alors aujourd’hui ?

Des gens dans leur rejet de la volonté de la révision de la Constitution par le pouvoir de Talon avancent le mot d’ordre de " Non à la révision de la Constitution" ou pire " Touche pas à ma Constitution ". Consciemment ou non, ils sèment la confusion, car laissant entendre que la Constitution autocratique de 2019 actuellement en vigueur serait une Constitution du peuple ou arrangerait le peuple dans la lutte contre l’autocratie. Ce qui est manifestement faux.

La juste voie se voit à travers les protestations sourdes ou ouvertes de tous les jours contre cette Constitution, dans tous les milieux et au niveau de toutes les classes sociales du pays, réprimées ou non. Ces protestations indiquent que cette Loi fondamentale doit être déchirée, dessouchée et balayée par le peuple en lutte déterminée et dont les représentants librement désignés (et non les pions nommés par l’autocrate Talon) se réuniront en Assemblée Constituante pour élaborer une nouvelle Constitution.

Le nécessaire rejet de toutes les tentatives de révision par le pouvoir de Talon de la Constitution ou d’autres textes de lois organiques doit, pour être conséquent, viser et appeler à l’abolition, par et dans les luttes populaires, du système de dictature autocratique en vigueur.

4- Le peuple béninois en a l’expérience.

La Constitution dictatoriale et autocratique du PRPB a été déchirée par les grandes luttes de l’année 1989 dirigées par le Parti Communiste du Bénin. Ces luttes ont terrassé la dictature autocratique de Mathieu Kérékou avant qu’il n’accepte l’amnistie générale d’août 1989, l’ont renversé le 11 décembre avant qu’il n’admette la fin de sa loi fondamentale.

Comme la dictature autocratique de Mathieu Kérékou, celle de Talon a abouti à une calamité nationale. Ce nouvel autocrate a donc échoué et ne peut plus continuer à diriger le pays. Ce qu’il nous faut aujourd’hui, c’est de travailler activement pour la fin de ce système autocratique et pour la réunion des Etats-Généraux en vue de doter le pays d’une Constitution patriotique qui prenne en compte les intérêts de notre peuple.

Pour cela, il faut prendre exemple sur 1989 et faire mieux que 1989. Il faut travailler activement à rééditer un 11 décembre 1989. Pour cela, il faut du courage, de l’audace et beaucoup d’esprit de sacrifice. Notre peuple, héritier de Béhanzin, de Bio Guèra et de Kaba n’en manque pas. C’est le seul gage pour débarrasser le pays du système prédateur, affameur et apatride de Patrice Talon.

Cotonou, le 11 janvier 2024

Le Parti Communiste du Bénin