QUARANTIEME ANNIVERSAIRE DE LA FONDATION DU PARTI COMMUNISTE DU BENIN.
DECEMBRE 1977-DECEMBRE 2017 : 40ème ANNIVERSAIRE DU PARTI COMMUNISTE DU BENIN

 

Camarades membres du Parti Communiste du Bénin,
Camarades Responsables de l’Union de la Jeunesse Communiste du Bénin,
Mesdames et Messieurs les Responsables des Organisations de la Démocratie révolutionnaire : je veux nommer la Convention Patriotique des Forces de Gauche, la Confédération Syndicale des Travailleurs du Bénin (CSTB), la Fédération des Syndicats des Travailleurs de l’Administration des Finances (FESYNTRA-FINANCES), l’Union Nationale des Scolaires et Etudiants du Bénin(UNSEB), le Collectif des Hauts Conseils pour la Réhabilitation des Municipalités du Bénin,
Mesdames et Messieurs, Responsables, Représentants du Front pour le Sursaut Patriotique tant de l’intérieur que de la Diaspora,
Les Majestés Rois, Reines et Dignitaires membres du Comité de Suivi des Organisations des Rois des différentes nationalités du Bénin,
Messieurs et mesdames les Journalistes,
Chers amis Invités de toutes catégories,
Au nom de la Direction Centrale du Parti Communiste du Bénin, je vous remercie d’avoir répondu présents à cette cérémonie commémorative du 40ème anniversaire de la fondation de notre Parti.

Mesdames et messieurs, 31 décembre 1977- 31 décembre 2017 Cela fait 40 ans que le Parti Communiste du Dahomey (depuis 1992 appelé Parti Communiste du Bénin) est fondé. Quarante années d’existence-mais toujours debout et inébranlable. Dans les fournaises et les tempêtes, la nuit et le jour sous les feux quasi ininterrompus et nourris de l’ennemi de classe toujours à l’affût pour le détruire ! C’est une œuvre immense, une œuvre commune au peuple béninois, aux peuples d’Afrique. C’est aussi une œuvre des Vivants et des Morts. Car disons avec Birago Diop « « Ceux qui sont morts ne sont jamais partis
En effet nous devons rendre hommage à tous ceux qui ont contribué d’une manière ou d’une autre à cette épopée moderne et qui ne sont plus parmi nous. Je veux citer en tout premier lieu mon Chef, Camarade et Educateur, Pascal Fantodji qui (depuis avril 2010) n’est plus en ce moment avec nous ici bas pour cet anniversaire ! Je rends hommage à Mama Yari Moussa, Yènou Jean, Togban Cocouvi Claude, Kpomassi Sègla, Sossoukpè Cocouvi, Akpo-Kpo Glèlè Rémy, Eké Togbé, Luc Togbadja, Yacoubou Jean Marie, Meto Codjo, Mahinou Félix, ainsin quen tous les militants décédés etc. Je ne puis oublier ici les colonels Alladayè Michel, Atchadé André, et Damien Zinsou Alahassa qui vient de nous quitter le jeudi 07 décembre dernier.
A tous je vous prie d’observer une minute de silence.

Mesdames et messieurs, le thème sous lequel nous mettons cette cérémonie de commémoration est ainsi formulé:
« Quarante années d’existence-toujours debout et inébranlable parce que guidé des principes du marxisme-léninisme et du patriotisme ardent, le Parti Communiste du Bénin appelle travailleurs et peuples du Bénin d’Afrique et du monde à œuvrer au bannissement de l’exploitation capitaliste, à l’éradication des vestiges du colonialisme au Bénin et en Afrique et à l’instauration d’une société patriotique faite de liberté, de justice et de probité »

Comment d’un petit groupe, le Parti a pu non seulement survivre, mais devenir le grand Parti de masses aujourd’hui connu etc. ? La réponse, nous l‘avons toujours donnée, se trouve dans notre attachement à la théorie du marxisme-léninisme.

I- Les Grands Jalons de la vie du Parti Communiste du Bénin.
A- Les prémisses de la création du Parti Communiste au Bénin
1°- Les premières prémisses d’où découle le reste est l’état de la société béninoise :
Le premier repère d’où découle la nécessité de la création du PCB est la conquête de l’actuel territoire du Bénin par la France. Le Dahomey est resté sous dépendance coloniale avec le mode de gestion dit pacte colonial jusqu’en 1960. Mais avec les indépendances formelles, le système colonial est maintenu avec le maintien du pacte colonial. Le pacte colonial porte les éléments suivants : imposition de la langue française- l’instruction est calquée sur celle de la France et fait de notre école, une école française au Bénin- imposition d’une monnaie confisquée au Trésor français appelée Franc des Colonies d’Afrique (CFA) masquée en Franc de la Communauté Financière d’Afrique et qui vient de fêter les 70 ans de sa création le 26 décembre- appropriation par la France de tous les leviers de production béninois- appropriation par l’ancienne puissance coloniale de toutes les ressources tant agricoles que minières de nos pays africains,-imposition de leur exportation à l’état brut vers la France avec interdiction de leur transformation sur place en terre africaine. Tous les secteurs stratégiques de production appartiennent aux monopoles français à l’exclusion des nationaux béninois dont les plus importants économiquement se limitent dans la sphère de l’export-import.
Le Bénin, notre pays est et demeure depuis 1960, une néocolonie dépendante étroitement de la France. De cette dépendance résulte une arriération notable de notre pays et de ses hommes qui végètent dans la misère, l’ignorance et l’inculture un pays de capitalisme arriéré et dépendant. Les hommes de notre pays souffrent à la fois du capitalisme et du peu de développement de ce même capitalisme. Ce qui détermine le caractère de la révolution appelée à se réaliser au Bénin ». Voilà la réalité qu’il faut changer. Voilà qui détermine le contenu de la révolution à intervenir dans notre pays. Que faire et par où commencer ?

2°- L’existence des organisations populistes et la question de la création du Parti de la classe ouvrière.
Les groupes communistes qui régentaient les mouvements populistes de jeunes et de travailleurs cachaient la théorie aux masses. Tous parlaient de révolution. C’étaient les organisations telles l’UGEED, le FACEEN, le RAJEMO, la JUB, la LNJP etc. ainsi que les syndicats de travailleurs. Sous leurs directions le mouvement démocratique et anti-impérialiste connut son apogée vers la fin des années 60. Mais un anti-impérialisme sans le support d’un parti d’avant-garde ! Voilà qui explique le phénomène de la pseudo-révolution instauré par les militaires sous la conduite de Mathieu Kérékou en 1972.
Pour l’ensemble le mouvement répugnait à la création d’un parti. Pourquoi ? Parce que la petite bourgeoisie a peur du pouvoir et laissait le cham libre aux partis et aux hommes de la haute bourgeoisie. Les travailleurs et la, jeunesse en lutte n’avaient pas leur parti qui puisse les conduire pour le pouvoir à leur profit.
3° Luttes pour la création du Parti
Il est revenu à Pascal Fantodji de prendre les devants des luttes idéologiques pour la création du parti de la classe ouvrière. Il en a fait des critiques fermes et sans concession. Et ce depuis 1971 à son retour en France pour effectuer sa thèse en mathématique. Certains des protagonistes de cette ligne face à nos critiques, ont fait preuve d’esprit de compréhension. D’autres par contre s’en tiennent encore à leurs récriminations sans voir les dangers qui assaillent au peuple
La lutte contre ce que nous appelé les « populistes » et les socialistes de la chaire couvrit une période allant de 1972 à 1975. Elle fut marquée par deux événements majeurs : la dissolution des organisations démocratiques de masses et notamment la JUD par le pouvoir du GMR-Kérékou le 18 Avril 1974 et le mot d’ordre lancé par les Responsables aux organisations dissoutes de « se considérer comme sans père ni mère », les événements de juin 1975 suite à l’assassinat crapuleux de Michel AÏKPE et les arrestations arbitraires qui s’en sont suivies. Désormais, l’autocratie de Kérékou était instaurée consacrant l’échec des formes d’organisations existantes jusqu’alors et rendant plus qu’indispensable la création d’un Parti communiste.

B- La création du Parti Communiste du Dahomey.
Elle s’effectua en deux manches : la première c’est la création de l’Union des Communistes du Dahomey (UCD) et la deuxième c’est la fondation du Parti Communiste
La première fut la réunion dans la région parisienne en Juillet 1976, du petit groupe de personnes en une Conférence politique constitutive autour du document élaboré par Pascal Fantodji « Rassembler les marxistes-léninistes du pays pour créer le Parti et unir le peuple ». Tous les cercles existants ont été joints rapidement avec la décision de fonder le plus tôt possible le parti de la classe ouvrière. Cette Conférence rassemblait un certain nombre de responsables de cercles qui prêtèrent serment de procéder à cette création et adoptèrent les textes fondamentaux dont un appel. C’est la création de l’Union des Communistes du Dahomey.
Quatorze mois plus tard, le travail de rassemblement des communistes était assez avancé pour que fût fondé le Parti Communiste du Dahomey le 31 décembre 1977.
Pourquoi avoir créé le PCB, « La réponse simple et claire est la suivante : C’est pour faire la révolution au Bénin pour la conquête du pouvoir par les travailleurs et les peuples. Et cette révolution appelée dans notre société à l’étape actuelle, n’est nullement socialiste, elle est à l’étape actuelle, une révolution bourgeoise anti-impérialiste, une Révolution Nationale Démocratique, Populaire, Anti-impérialiste (RNDPA). «Notre objectif à cette étape c’est la levée des entraves pour le développement accéléré du capitalisme dans notre pays et son industrialisation rapide pour l’amélioration du sort des populations ».
C’est à cette tâche que s’est attelé et s’attèle le Parti Communiste du Bénin qui a traversé maintes péripéties et ce sur plusieurs périodes

C- Les Grands jalons de la vie du Parti
1°-De 1977 à 1990 : Période de stricte clandestinité et d’état de parti de classe:
Cette période fut marquée par les événements marquants suivants : -Dès août 1976, répression de jeunes communistes arrêtés suite à la réédition de la Conférence politique de l’UCD au Togo. Répression d’étudiants et d’enseignants de l’Université nationale du Bénin pour fait de grève et manifestations contre l’arbitraire du régime de Kérékou, évasions spectaculaires de détenus de la prison civile de Porto-Novo et du Camp Guézo en 1984, répression de mouvements étudiants et paysans en 1985, martyr en 1985 : ATCHAKA Parfait- Mais surtout arrestation massive de communistes et de démocrates révolutionnaires suite au mouvement de 1985 et leur embastillement dans les geôles de Parakou et Ségbana, 1988, assassinat de Rémy AKPOKPO GLELE par les nervis de Kérékou, luttes victorieuses de masses en 1988-89 avec de nombreux martyrs : Luc TOGBADJA, Maurice DANSOU et Sègla KPOMASSI.
Conduite, en alliance avec des démocrates sous l’appellation de « Convention du peuple », du mouvement populaire de l’année 1989 et Direction de l’insurrection populaire du 11 décembre 1989 ayant abouti au renversement de l’autocratie de Mathieu Kérékou et l’instauration du régime de semi-libertés dit du Renouveau démocratique.
Complot de l’impérialisme français et de la haute bourgeoisie (soutenue par la contre-révolution mondiale) pour arrêter la révolution à travers la « Conférence Nationale des Forces Vives de février 1990 », que nous avons dénoncée comme marché de dupes parce que ls conditions et les acteurs de proue de cette messe ne permettaient pas le pouvoir aux mains du peuple et la garantie durable des libertés et la lyutte contre l’impunité
Cette période fut aussi marquée par la mise sur pied des grandes organisations de masses notamment la CSTB créé au 1er Congrès ordinaire du Parti au Nigeria en 1982 et de la Convention du Peuple en novembre 1988.

2°- Période de légalité 1990- à nos jours. Etat de parti de masse.
Cette période fut inaugurée par l’assassinat de Kpomassi Sègla et Dansou Maurice en 1990 et marquée surtout par
- La répression judiciaire avec des arrestations et détention de communistes tels que Dr Agossou-Voyemè Augustin, Ahossi Emile, Gandonou Albert, l’assassinat de Orou Gbéa Sianin dans la prison à Kandi etc. répression par des méthodes arbitraires administratives : interdiction d’accès au mass média publics, notamment à l’ORTB- privation de droits même légaux comme celui de la juste représentation dans les instances comme le CES, exclusion des communistes des droits pourtant reconnus aux autres, répression dans les amphis etc. et enfin répression moins voyante mais non moins dure par l’argent dans l’accès aux organes privés, exclusion des joutes électorales par la fraude et l’argent etc.
Mais cette période fut marquée spécialement par l’extension de l’influence politique du Parti sur les masses pour l’union du peuple autour du Parti.
- création d’une organisation de matérialistes militants d’alliance avec les intellectuels traditionnels au sein de l’INIREF
- Déploiement constant d’une politique d’alliance ou de front avec les autres forces politiques ou classes sociales lorsque l’intérêt du pays l’exige. Alliance PCB-RB en 1995 lorsque le danger de retour de l’autocratie avec Kérékou et Houngbédji Adrien se faisait sentir, FDD, Convention patriotique des Forces de Gauche, Front de Refus du Bénin Waxala, FSP actuellement.
Le Parti œuvre à faire éviter au pays et au peuple béninois de grands dangers qui compromettraient son avenir. Il en est ainsi par exemple du combat du Parti contre la menace de recolonisation incarné par la candidature de Lionel Zinsou. J’y reviendrai.
Le Parti a, aussi avec sa contribution active, évité au peuple le piège de la constitution autocratique tissé par Talon qu’il voulait faire passer par voie parlementaire en avril 2017.
Au plan des relations extérieures, le Parti Communiste du Bénin entretient des relations avec des partis communistes, avec des partis et organisations anti-impérialistes à travers le monde et participe à de nombreuses associations et forums anti-impérialistes, patriotiques à travers le continent et le monde.

Au cours de sa vie, le PCB a traversé de grands dangers. Par plusieurs fois les ennemis ont annoncé sa mort mais ils sont les premiers à constater avec effroi que tel le Phénix il renaît et grandit.
Ainsi, le Parti avec ses membres du haut de ses quarante années d’existence, est debout, robuste de la tête aux pieds, poursuivant à travers des voies sinueuses et escarpées des montagnes, sa mission : faire prendre conscience aux exploités et opprimés de leur état d’exploités par la propagande, l’agitation et l’organisation afin de les amener à assurer leur auto-émancipation par la révolution. Comment le Parti a-t-il pu traverser ses multiples embûches et obstacles, ces multiples complots de la contre-révolution mondiale ?
Comme nous l’avions déjà dit « Les raisons de cet état de chose : c’est l’application de manière créatrice de la théorie du marxisme et du léninisme a société béninoise, objet d’attention et d’études constantes pour en suivre les évolutions successives.
Voilà d’où vient la force du PCB : Faire ses analyses sur la base d’une théorie des classes, sur les mouvements de ces classes en ayant en vue toujours et de tout temps les intérêts de notre peuple, des travailleurs et de la jeunesse.
Et pour que les choses aillent mieux et aillent bien, il faut que vous, les travailleurs et le peuple vous ayez le pouvoir. Et comme le pouvoir ne se donne pas, comme le pouvoir s’arrache, les travailleurs et le peuple doivent arracher le pouvoir des mains des exploiteurs, des apatrides qui ruinent le pays. » (Cf. 38ème anniversaire du Parti). Cette question est d’actualité devant l’instauration d’un pouvoir de type fasciste par le gouvernement de Patrice Talon.

II- SITUATION POLITIQUE ACTUELLE
Mesdames et Messieurs, si on interroge n’importe quel citoyen en dehors du petit clan autour du Président Talon, il vous dira que notre peuple n’a jamais connu un tel pouvoir depuis des années. Tant la misère et les souffrances sont grandes. Et tous les jours, on promet au peuple que cela ira mieux demain, dans quelques mois etc.
Depuis son avènement au pouvoir en avril 2016, le Régime de Talon soumet notre peuple et de façon déterminée à une politique à double action : l’accroissement de l’empire financier de Talon et compagnie, l’instauration d’une dictature autocratique et de type césarien qui garantisse la pérennité de cet empire financier.
Toutes les actions tant au niveau exécutif, législatif que judiciaire tendent vers ces seuls objectifs.
Passons en revue quelques-unes :

A- La fausse lutte contre la corruption.
On parle beaucoup ces temps derniers de la détermination du pouvoir de Talon contre la corruption. Lui-même dans son dernier message à la nation affirme poursuivre cette lutte « sans état d’âme ». On situe dans ce cadre la mise en prison de Metongnon Laurent et ses co-accusés dans l’affaire dite de la CNSS, on cite les affaires de la SONEB, les affaires de CAIA et j’en passe. Des citoyens naïfs et de bonne foi, vu le fléau que représente pour le Bénin la corruption se disent « oui c’est bien ! Talon est déterminé même si c’est son père il s’en fout ». La lutte contre la corruption, tel un serpent de mer est agité par tous les régimes qui se veulent se faire attirer quelque sympathie au sein des masses populaires. Des colloques ont été organisés sur le sujet et des organismes créés à cet effet FONAC- ANLC etc.
Tout cela malheureusement n’est que du bluff. Et pourquoi ? Voici les raisons :
1°- On appelle corruption tout « comportement pénalement répréhensible par lequel une personne ( le corrompu) sollicite , agrée ou accepte un don, une offre ou une promesse, des présents ou des avantages quelconques en vue d’accomplir, de retarder ou d’omettre d’accomplir un acte entrant d’une façon directe ou indirecte dans le cadre de ses fonctions. L’infraction a une double portée puisqu’elle recouvre l’existence d’un corrupteur et d’un corrompu. L’on distingue la corruption active qui est le fait du corrupteur et la corruption passive qui est le fait du corrompu… En matière de corruption publique le Code pénal vise trois types de personnes : celles dépositaires de l’autorité publique : forces de l’ordre, militaires, préfets ; celles chargées d’une mission de service public : administrateurs de biens publics à divers niveaux, mandataires ou personnel judiciaire ; celles investies d’un mandat électif public : parlementaires, élus locaux… »
Il apparaît que la corruption comme l’action pour un agent public de se faire acheter pour faire agir les services publics dans l’intérêt de l’acheteur, généralement une personne privée, sans oublier l’utilisation du bien à des fins personnelles, concerne avant tout des agents publics. Le corrupteur est généralement une personne privée.
2°-Or, il est constant que Talon n’a dû sa fortune qu’en se subornant (en achetant) tout l’appareil politique et administratif depuis au moins le pouvoir de Soglo jusqu’au pouvoir du président YAYI Boni. En position de corrupteur, il s’est enrichi par la corruption d’Etat en s’achetant les faveurs et passe-droits des agents publics.
Il a bâti sa fortune sur la corruption.
Aujourd’hui au pouvoir, il combine les deux positions de corrupteur et de corrompu ; ce qui s’appelle conflit d’intérêts. Qui est la forme extrême de corruption. Les exemples abondent dans ce sens : l’achat illégal et anti-constitutionnel d’un domaine appartenant à l’Etat. Il a imposé des prises en main de services et entreprises publiques par sa seule décision en conseil de ministres : PVI, ATRAL etc.
Le régime de Talon baigne dans la corruption qu’il sue par tous ses pores : achat massif de députés au parlement dénoncé publiquement par la doyenne d’âge du Parlement, Rosine Vieira Soglo.. Jusque-là aucune enquête n’est diligentée sur la question.
Les arrestations et actions d’éclat (arrestation de Mètongnon, notamment, poursuite contre Atao) que le régime déclare rentrant dans le cadre de la lutte contre la corruption ne sont que des règlements de compte politique pour se débarrasser de personnes opposées à ses objectifs. Il s’agit donc d’une fausse lutte contre la corruption. Le caractère sélectif de cette lutte contre la lutte en situe le caractère mensonger. Les gros scandales ayant fait l’objet d’audits et convenus sont laissés de côté dès lors que les auteurs se retrouvent dans la soumission et l’amitié du chef de l’Etat.
B--L’extension de l’empire financier du Chef de l’Etat et son clan.
Depuis son avènement au pouvoir, le Président Talon est tendu sur un seul objectif : élargir son empire financier. La remise sur pied du PVI, ATRAL, tous les contrats de gré à gré dans maints domaines : tels MORPHO- SAFRAN, etc. les liquidations et privatisations réalisés ou en vue sous divers noms : affermage, mandat de gestion, gestion déléguée, concession etc. tous, visent à un objectif : accroître l’empire financier du Chef de l’Etat. Et pour cela il faut éliminer tous concurrents réels ou potentiels. Les Ajavon sont mis aux abois, les Rodriguez ont plié bagage, les Fagbohoun ont quitté le champ public… S’enrichir à tous prix, en ruinant le patrimoine public, ligoter le peuple par des clauses de cahiers de charge aliénant dont la dénonciation entrainerait des pertes énormes pour l’Etat béninois tel est le scénario en cours actuellement. L’on dit aussi que dans la constitution de cet empire financier, il a la contribution active du Président Ouattara de Côte d’Ivoire (qui serait actionnaire dans maintes entreprises privatisées ou de contrats de gré à gré) et les rumeurs affirment que le Bénin deviendrait par cette alliance Talon- Ouattara une sous-colonie de la Côte d’Ivoire. Des jours à venir nous préciseront les choses.
Je dis et déclare au nom du peuple béninois, que ces multiples actes de conflits d’intérêts, par lesquels Talon à la fois homme d’affaires et chef d’Etat, lie le peuple par des contrats léonins en sa faveur, sont nuls et de nul effet à l’avenir. On ne saurait être juge et partie. Notre peuple est en droit de reprendre sans préjudice pour les générations futures, la propriété pleine et entière de ses biens aujourd’hui injustement confisqués par un pouvoir qui n’a aucun état d’âme face au bien public.

C-L’instauration d’une dictature de type fasciste.

Ce qui se passe aujourd’hui au Bénin est d’une gravité extrême. Tous les citoyens honnêtes doivent en avoir conscience sous peine d’inconscience. Des citoyens probes arrêtés ou poursuivis sous accusation de corruption, des radios brouillées avec la complicité de la HAAC, des députés interdits de parole au Parlement, et en cours la violation de la Constitution par refus de mise en œuvre d’une décision de la Cour Constitutionnelle pourtant déclarée sans « recours » etc. ; la mise en avant d’une loi portant charte des partis politiques où il est disposé que pour créer un parti, il faut l’autorisation d’une institution présidentielle, réunir au moins cinquante membres par commune ; le retrait des droits syndicaux et du droit de grève aux travailleurs. Tout ceci en violation de la Constitution actuelle qui prône le « multipartisme intégral ». Des personnes comme Abraham Zinzindohoué, passé avec armes et bagages à Talon, s’y affairent avec l’animation bruyante du Président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji. Le pouvoir de Talon tente méthodiquement d’imposer une dictature de type fasciste. Et pourquoi faire ? Enchaîner le peuple, l’embastiller pour la floraison des affaires de Talon et pour cela, il faut détruire les organisations porte-voix du peuple comme le Parti Communiste du Bénin,
Après son échec à imposer une Constitution autocratique qui liquide tous les acquis de la semi-révolution de 1990, il a mis en ordre de bataille contre le peuple l’Assemblée devenue un machin en ses mains avec un « Bloc pour la majorité Parlementaire » acquis au doigt et à l’œil de Talon. Il s’est formé dans notre pays une coalition la plus réactionnaire, la plus anti-peuple jamais réalisée dans notre pays depuis 1960. Objectif : mettre sous les fers toutes libertés démocratiques. Les têtes de pont de cette Coalition qui prend le peuple désormais en otage sont connues : Talon, Houngbédji Adrien et Amoussou Bruno. Si l’alliance de Houngbédji avec Talon dans l’instauration de la dictature fasciste ne peut surprendre tout observateur averti de la vie politique béninoise, par contre celle d’Amoussou Bruno (qui a mis par-dessus bord les convictions social-démocrates proclamées) a quelque peu de quoi surprendre. Qu’est ce qui lie si tant Talon à ces personnes si ce n’est les affaires, oui l’argent qui fait la folie de tous et ceci au mépris des intérêts supérieurs du pays ?
Le pouvoir de Talon apparaît comme celui d’un groupe qui défend avec rage leurs affaires, leur capital, celui du capital financier. D’où la violence de ce pouvoir, son caractère va-t-en guerre, prêt à jeter le pays dans une aventure guerrière aux conséquences incalculables. Le pouvoir de la Rupture est le plus réactionnaire qu’ait connu notre pays depuis 1990.
Mesdames et messieurs, à la suite de la Conférence de presse du Président Nicéphore Soglo, des questions touchant au choix de Talon au lieu de Zinsou ont été soulevées et des journaux à ordre sont allés jusqu’à faire dire au président Soglo ce qu’il n’a pas dit à ce sujet.
Les éléments du peuple et même des amis de notre Parti, face à la catastrophe que représente pour le pays le régime de Talon, posent le problème de savoir si on n’avait pas mal choisi aux présidentielles de 2016. Mais le peuple ne résoud que des problèmes à lui posés à un moment donné. On ne retourne pas le temps qui est irréversible. On ne juge pas une époque avec le regard d’une autre époque. A chaque problème posé sa solution.
Le Parti Communiste du Bénin réaffirme solennellement que, avec ses conseils, le peuple béninois a accompli un acte héroïque de souveraineté en mars 2016 en rejetant la candidature de Lionel Zinsou qui n’a pas hésité en ce moment-là à déclarer que « l’Afrique appartient à l’Europe » et que la « FrançAfrique comme le néocolonialisme sont des mythes ». Que le régime de Talon soit le pire que notre pays ait connu depuis 1990, j’en conviens aussi. Mais c’est un autre problème auquel le peuple doit faire face et vaincre. Car nul ne peut nous dire aujourd’hui ce qu’aurait été un gouvernement dirigé par le néo-colon Zinsou.

Mesdames et messieurs,
Face au grand danger qui guette notre pays du fait de la politique de ruine, d’accaparement et de destruction des libertés démocratiques, le Parti Communiste du Bénin a appelé et œuvré pour la mise sur pied du Front pour le Sursaut Patriotique( FSP). Face à une Coalition la plus réactionnaire jamais mise en place depuis 1960, existe désormais le Front Patriotique le plus vaste connu depuis 1960 dans notre pays. Toutes les forces saines de notre pays s’y retrouvent. Les objectifs de ce Front sont clairs : « 1°- Se battre ensemble pour la préservation des acquis démocratiques contre toute atteinte aux libertés fondamentales et toutes velléités de restauration de l’autocratie ; 2°-Se battre pour la préservation du patrimoine national, contre tout accaparement par les dignitaires du pouvoir, toute désarticulation de la Fonction publique avec ses corollaires : privatisations, externalisations, licenciements massifs ; 3°-Lutter activement pour éradiquer l’impunité, et pour la transparence dans la gestion du bien public ; 4°- Se battre contre le pouvoir autocratique de Patrice Talon pour sa politique d’atteintes graves aux libertés démocratiques, de mafia, d’accaparement du patrimoine national à des fins personnelles ;5°- Œuvrer pour le rassemblement de toutes les forces politiques et sociales pour la tenue des Etats Généraux du Peuple en vue d’un pouvoir patriotique et de probité. »
C’est le lieu de saluer le travail combien colossal qu’abattent les camarades du FSP face aux manœuvres et intrigues du pouvoir de Talon. Je salue leur travail de mobilisation contre le retour des poursuites et détention politique et la libération de Laurent Mètongnon. Je salue les députés de la minorité qui se battent dans un milieu tout à fait hostile et en butte à tous les chantages. Je rassure tous nos alliés que le PCB agit toujours avec loyauté et sans procès d’intention et qu’ensemble nous sauverons la patrie.
Ace propos mesdames et messieurs, autant toutes les tentatives d’étouffer la révolution et les aspirations populaires ont échoué, autant les actions du pouvoir actuel sont vouées d’avance à l’échec. La jeunesse en Afrique et ici au Bénin sait désormais qu’elle n’a plus autre alternative que de se battre chez soi pour la solution des problèmes qui l’assaillent. Elle ne veut plus de dictateur.. La jeunesse d’Afrique sous domination française dit Non au franc CFA, veut l’instauration de l’instruction dans nos langues, le retrait des troupes étrangères sur son sol, la dignité de nos pays. L’éthique politique et la démocratie ont fait des progrès au point de consacrer définitivement le droit des peuples à l’insurrection « au pouvoir de la rue » contre tout pouvoir dictatorial. Cas au Burkina Faso, en Tunisie et à côté de nous au Togo. A cet effet, le peuple togolais frère dont je salue la bravoure, nous en donne l’exemple.
Peuple béninois tu as vaincu le pouvoir militaire de Kérékou-PRPB, tu as toutes les ressources pour vaincre pouvoir dictatorial de type fasciste de Talon-Houngbédji-Amoussou Bruno.
En avant pour la réunion des Etats Généraux du Peuple, en vue d’un Gouvernement patriotique et de probité !
En célébrant le quarantième anniversaire de la fondation de notre patrie, nous ne pouvons manquer de souligner que notre existence est due à la Grande Révolution bolchévique d’octobre 1917 qui fête cette année son centenaire. Notre existence, malgré tous les obstacles, est due comme souligné plus haut à la vivacité de la théorie de Marx, Engels, Lénine, Staline. A qui nous disons « Gloire immortelle !»
J’appelle solennellement les ouvriers, les paysans et artisans pauvres, les intellectuels patriotes, les jeunes à nous rejoindre, à intégrer massivement le Parti communiste du Bénin, le parti du patriotisme, d’intégrité et de probité ; leur parti qui a prouvé tout au long de ces quarante ans d’existence la fidélité sans faille à leurs intérêts.
A l’orée de la nouvelle année qui va naître, l’année 2018, j’adresse ici au Peuple, mes chers concitoyennes et concitoyens, mes vœux les plus ardents de bonheur et de santé pour tous.
Je vous souhaite surtout de la détermination pour vaincre les forces du mal, réunir les Etats Généraux du Peuple afin de faire de notre pays, en cette nouvelle année, un pays émancipé, indépendant et prospère.
Alors que vive le marxisme-léninisme !
Vive l’internationalisme prolétarien !
Heureuse Année 2018 !
Je vous remercie.
Cotonou, le 30 Décembre 2017.
Philippe NOUDJENOUME
Premier Secrétaire du parti Communiste du Bénin
Président de la Convention patriotique des Forces de Gauche

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