PARTI COMMUNISTE DU BENIN (PCB)

01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)

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A PROPOS DE LA DERNIERE ELECTION AU PERCHOIR DE l’ASSEMBLEE NATIONALE.

IL Y A INQUIETUDE QUANT A LA COHESION SOCIALE ET L’UNITE NATIONALE.

DECLARATION

I- Constat.

Avec une rapidité extraordinaire et dans une atmosphère de discipline et unité étonnantes, le Bureau de l’Assemblée Nationale dixième Législature a été « élu » le dimanche 8 Février 2026, jour même de l’installation des nouveaux élus de l’Assemblée nationale.

Certes, le peuple est resté indifférent et à l’écart de l’événement. Et pour cause ! Avec une Assemblée préparée et imposée monocolore, il n’y a pas matière à implication des masses qui savent qu’elles n’ont rien à y voir. Et Djogbénou Joseph a été élu à l’unanimité des 109 Députés ! A première vue et en apparence, il y a unanimité. Mais dans la réalité, l’élection au Perchoir de Joseph Djogbénou, par-delà les applaudissements, mimiques et sourires crispés de façade, soulève de sérieux problèmes quant à la gouvernance de notre pays.

Il ne s’agit point ici de la personne de Djogbénou Joseph en tant que tel. Mais des questions qui touchent à l’harmonie et au « vouloir vivre ensemble » des différentes communautés ethno-régionales qui habitent ce territoire appelé Bénin. Le Bénin, allongé du Sud au Nord, est habité de peuples divers pour lesquels le brassage qu’impose la vie commune depuis 1900 crée les conditions progressives de constitution d’une Nation. Chaque Etat a ses réalités. Le Bénin a connu des questions d’exacerbations des contradictions inter-régionales heureusement résolues par la pratique de vie commune dans ce pays.

Avec cette diversité régionale et multi-ethnique, il est compréhensible et naturel que chaque communauté ou région se sente représentée dans les grandes sphères de décision du pays. Le contraire ne peut que faire naître des frustrations qui, non exprimées, n’en constituent pas moins des bases d’actions attentatoires à la paix sociale. Il est illusoire de fermer les yeux sur des réalités socio-politiques de notre pays.

Or, depuis l’arrivée du pouvoir de la Rupture, c’est une pratique de concentration des pouvoirs en faveur d’une région du pays qui est observée.

L’élection de Joseph Djogbénou, tout comme son prédécesseur, Louis Vlavonou ne déroge point à cette pratique. Et c’est bien dommage !

Il n’est pas compréhensible et a fortiori explicable ou défendable qu’aucune des six plus grandes Institutions constitutionnelles depuis l’arrivée du pouvoir de la Rupture, n’est dirigée par un ressortissant originaire de la partie septentrionale de notre pays. C’est frappant et effarant : Présidence de la République, Assemblée nationale, Cour constitutionnelle, Cour suprême, Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication, Conseil Economique et Social, toutes ont pour présidents des ressortissants de la région méridionale de notre pays.

Il y a lieu de s’inquiéter et d’appeler à la conscience de la classe politique dirigeante de ce pays sur les grands risques que fait courir à la cohésion sociale et unité nationale, une telle pratique qui ne peut être comprise que comme celle d’exclusion d’une région par rapport à une autre.

Nous savons que dans chaque pays, selon son histoire, sa sociologie, il y a comme des règles non écrites, ce que les constitutionnalistes appellent « Arrière-cour constitutionnelle » qui assure la paix sociale et l’entente cordiale entre les membres de la communauté nationale en voie de réalisation.

Jusque-là, en gros, sauf sous Nicéphore Soglo (et cela il ne l’a pas choisi), il est comme une règle non écrite que lorsque le Président de la République est d’une Région, le Président de la deuxième Institution d’Etat, l’Assemblée nationale, ou tout au moins le président de la Cour constitutionnelle soit d’une autre région. Mais que la présidence de toutes les six importantes Institutions constitutionnelles échappe aux gens d’une région donnée est inacceptable parce que porteur de frustrations préjudiciables à la cohésion sociale et à l’unité nationale.

II- Alerte contre les agissements attentatoires à l’unité nationale et la paix sociale.

Face à cette situation observée, le Parti Communiste du Bénin rappelle que sa ligne de conduite politique en matière de rapports intra-communautaires, inter-régions, bref la politique du PCB en matière des groupes ethno-linguistiques de notre pays, se formule ainsi : « Libérer et unir les nationalités ».

Libérer les nationalités de la domination française imposée par les armes dans les années 1890-1918 et qui se poursuit encore de nos jours par des nationaux interposés, malgré les simagrées des années 1960 ; unir les nationalités en une sainte alliance pour l’affirmation de soi dans le respect de l’égalité entre elles, pour le développement commun harmonieux de notre pays.

C’est pourquoi le PCB a toujours combattu tous propos, tous actes de nature régionaliste et ethniciste. Le PCB a combattu, par exemple par une adresse au Président Talon en date du 19 octobre 2022 cette situation où il est observé que la plupart des détenus politiques alors en prison, se trouvaient être de la région septentrionale de notre pays.

Le PCB a combattu et combat tous les jours les pratiques économiques discriminatoires telles la chasse donnée à des produits agricoles essentiellement cultivés par les paysans du nord tels le cajou ou le soja pendant que des produits tels l’ananas, l’huile de palme et autres cultivés au Sud connaissent une libre circulation ; autant de pratiques susceptibles de faire naître des frustrations légitimes.

Le PCB déclare combattre tout suprématisme de quelque région qu’il parvienne. Le suprématisme qui consiste à estimer que certaines ethnies sont faites pour commander et d’autres pour être esclaves. Tous les peuples de notre territoire ont droit, à part égale, à la gouvernance de ce territoire, le Bénin, le seul nôtre.

Que tous, gouvernants actuels comme futurs tiennent compte de cette donnée pour l’harmonie sociale, la paix entre les peuples, pour le « vivre ensemble commun », pour la souveraineté de notre pays et son développement rapide, intégral.

 Cotonou, le 10 février 2026

LE PARTI COMMUNISTE DU BENIN.