PRETENDU DIALOGUE POLITIQUE DE PATRICE TALON : EXPRESSION ET MANŒUVRE DE RENFORCEMENT DE L’AUTOCRATIE

 

La Session de « Dialogue politique » commencée le 10, s’est achevée le samedi 12 Octobre. Regroupant les partis affidés et/ou suscités par l’Autocrate, sous la conduite du sous-marin pro-Talon, SOSSA Dorothé, expert de basses besognes anti-peuple et de TOPANOU Victor, passé en trahison avec armes et bagages à Talon à la veille des « élections législatives » d’Avril 2019, elle a livré le contenu : « toilettage des deux lois électorales », sur des points mineurs, « institution d’élections générales dont les modalités d’organisation sont à définir », financement public des partis politiques, institution de « parrainage des candidats aux élections présidentielles par des élus nationaux et ou communaux… introduction dans l’arsenal juridique du Bénin d’une discrimination positive pour une meilleure représentation des femmes dans les instances de décision », « révision du nombre sièges de députés à l’Assemblée nationale » etc.

De tous les commentaires qu’on entend à propos des résultats de ce dialogue, il apparait que le Président Patrice Talon a usé une fois encore de ruse pour atteindre ses objectifs. En reprenant les principaux points retenus cités plus haut et en reprenant le projet de révision constitutionnelle rejeté par l’Assemblée nationale en Avril 2017 et juillet 2018, on se rend à l’évidence : ces points y étaient en bonne place. Qu’il s’agisse du financement public des partis, de la représentation des femmes au parlement, du nombre des députés à l’Assemblée nationale, ou d’élections générales couplées ou non, tout y était en bonne place. Pour toutes ces « propositions », il n’y a qu’une seule chose : réviser la Constitution. L’objectif de ce « dialogue politique » à la Patrice Talon est donc clair : Obtenir ce qu’il voulait et cela non pas par « sa volonté », mais par « dialogue ». Réviser la Constitution, non par référendum (consultation populaire) qu’il a toujours rejeté avec force, mais par voie parlementaire, disposant désormais non plus d’une majorité qualifiée des 4/5 mais de l’unanimité des 5/5 c’est-à-dire des 83 députés nommés du Parlement. Le boulevard est donc ouvert dans les prochains jours ou mois pour le Changement total de notre Constitution. En définitive, Talon se sert de la Constitution- en violant ses dispositions fondamentales- pour changer de Constitution, autrement dit pour la détruire. La Constitution du 11 Décembre 1990 est finie.
Tel est le défi.
Pour arriver à bout de ce plan diabolique et prenant en compte d’une part, l’isolement croissant dans lequel se trouve son régime, les conséquences dramatiques de la fermeture de la frontière avec le Nigeria, sur le peuple et surtout sur le budget national, alimenté en grande partie de produits de réexportation et d’autre part, les expériences de « dialogue » dans la sous-région (Wade-Maky Sall, Buhari-Goodluck, Cameroun etc.), Talon prendra, dans ses manœuvres, des « mesures d’apaisement », en fait de ruse. Cela consistera par exemple à la levée de la poursuite contre l’ancien Président YAYI Thomas, à la réconciliation avec les anciens Présidents tels le Président Nicéphore D. SOGLO et YAYI Boni etc. Et quelques petites mesures du genre. Pour épater l’opinion nationale et surtout internationale. Tout cela sans jamais céder sur l’essentiel : la destruction de notre système démocratique et l’érection d’une Autocratie cruelle et barbare pour la préservation de son empire financier.
Telles sont les perspectives politiques ouvertes avec le fameux « dialogue politique » de Patrice Talon.
L’ensemble de l’Opposition démocratique dans toutes ses composantes, s’est levée contre ce crime en commission politique directe. Des assises de réplique dans le même temps se sont tenues.
Le Parti Communiste du Bénin salue l’Opposition réunie en « Assises de la Résistance Nationale » qui a formulé les conclusions de rejet du Plan Talon dans son Monologue des 10, 11 et 12 Octobre sous l’angle purement démocratique général, à savoir les acquis de la Conférence nationale, exprimés dans la Constitution et qui a exigé la réintégration immédiate de 503 enseignants suspendus à un moment où les écoles sont confrontées à de sévères manques d’enseig nants.
Le Parti salue la réunion du Forum des Organisations populaires, démocratiques et sociales, des Travailleurs –CSTB, , des Jeunes (UNSEB), des Femmes (MFLPP), des vendeuses et vendeurs des marchés (CONARAB), des combattants des Droits de l’Homme( ODHP, CSDEP (Comité de Soutien aux Détenus et Exilés Politiques) etc. tenu le vendredi 11 Octobre 2019 à la Bourse de Travail, en Etats-Généraux « Social » avec pour boussole l’adoption du Programme de réorientation économique du 1er Secrétaire du PCB et Président de la Convention patriotique des Forces de Gauche, Philippe NOUDJENOUME.
Il salue le succès retentissant du 5ème Congrès de l’Union de la Jeunesse Communiste tenu au CODIAM le 12 Octobre, sous le signe du patriotisme ardent et des combats contre les différentes variantes d’organisations réactionnaires de jeunes manipulés sous le slogan « Jeunes pour Jeunes ».
Enfin, le Parti salue toutes les Initiatives d’assises populaires régionales qui se sont tenues un peu partout sur toute l’étendue du territoire national les vendredi et samedi 11 et 12 Octobre 2019 pour la réaffirmation du programme de libération du pays du joug impérialiste français représentés par le pouvoir de la Rupture.
Le Parti Communiste du Bénin appelle le peuple à demeurer debout pour faire échec au projet criminel de liquidation complète de la Démocratie béninoise par le pouvoir dit de la Rupture. Il combattra pied à pied tous ceux qui seront tentés de l’aider dans sa sale besogne ; il combattra tous ceux qui tenteront de lui faire obstacle sur la voie de son émancipation.
Cotonou le 15 Octobre 2019.
Le Parti Communiste du Bénin.
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