Editorial: 

Que la jeunesse relève la tête et accentue ses combats.


l est connu que le développement d’un pays repose sur
l’essor du secteur manufacturier. Le « bilan du secteur de
l’industrie », d’une nullité exceptionnelle, fourni par la
ministre en charge de ce secteur, Mme Alimatou Shadiya
ASSOUMAN, montre que le PAG de Talon est un programme
anti-développement. Et par conséquent se poursuit le plan de
« précarisation de l’emploi » mis en œuvre par tous les pouvoirs
du Renouveau Démocratique et que le pouvoir de Talon
accentue pour la destruction méthodique de la jeunesse.
Mais, l’expérience et l’accumulation des problèmes non résolus
éveillent. Le franc CFA, le pacte colonial et son géniteur et
bénéficiaire, l’impérialisme français, sont de plus en plus
ouvertement rejetés pour le développement réel de l’Afrique.
Alors les initiatives de diversion, tel le Colloque de Lomé sur l’Eco
apparaissent comme des tentatives pour continuer le sabotage
de l’avènement de l’Eco/CEDEAO. Les patriotes africains sont
d’autant plus confortés et encouragés dans leurs combats
émancipateurs que l’humanité n’admet plus l’impunité des
crimes contre les peuples. Les excuses publiques de l’Allemagne
plus de cent ans après le génocide en Namibie, indiquent que
tous les peuples vaincront et que les criminels, jusqu’y compris
leurs symboles, seront jetés dans les poubelles de l’histoire.
Le pouvoir autocratique de Talon subira le même sort. Que la
jeunesse, assurée de ces leçons que donne la révolution
philosophique, patriotique et humaniste actuelle, relève la tête,
accentue ses combats et son organisation pour le salut du
peuple.
La Rédaction
PROGRAMME D’ACTION DU GOUVERNEMENT (PAG)
TALON, UN PROGRAMME ANTI-DEVELOPPEMENT.
Introduction
l est de règle que pour apprécier si un pays se développe ou
pas, il faut regarder non des paramètres comme le secteur
primaire (agriculture, élevage et pêche ou même les
extractions minières), ou même le tourisme ou les
Infrastructures (BTP : routes, ports aéroports, et asphaltage).
Pour apprécier le développement d’un pays, le seul critère
universellement admis est le secteur manufacturier ou
industriel. Le secteur industriel est le seul qui détermine le
développement d’un pays. Le développement se définissant
comme le passage d’une économie d’une phase rurale et
agricole à une phase industrielle.
C’est au regard de ces prémisses que nous devons apprécier les
programmes des gouvernements ; car il ne faut jamais apprécier
un gouvernement (comme d’ailleurs un individu) sur ces
déclarations, mais sur ses actes.
I-Bilan du point de vue industriel du Gouvernement Talon fait
par la Ministre de l’Industrie.
La ministre de l’industrie, Mme Alimatou Shadiya ASSOUMAN, à
l’an 4 du gouvernement Talon, faisait le 29 Avril 2020 le bilan de
son secteur, cela à travers des questions-réponses de journaliste.
« L’état général du pays dit-elle, avant que le Président Talon ne
prenne les rênes du pouvoir, nous le savons tous…Le pilier II du
PAG est « d’amorcer la transformation structurelle de l’économie
béninoise ».
Question du Journaliste : Mme la Ministre, où en est-on
aujourd’hui avec la vision du Chef de l’Etat ? Comment cette
vision s’est-elle matérialisée sur le terrain ?
« Réponse: « La vision du Chef de l’Etat pour ce qui concerne
notre portefeuille est de mettre la promotion de l’industrie et du
Commerce au cœur du développement national. C’est une vision
claire de l’action publique au service du développement… Et
quand on parle de promotion de l’industrie et de commerce, c’est
avec le secteur privé comme moteur de création de richesse, de
plus-value et d’emplois... »
Question de journaliste : Y a-t-il des considérations pour
permettre à ce secteur privé de s’épanouir au Bénin ?
Réponse : « Il faut toujours partir de cette vision ambitieuse que
nous avons la chance de pouvoir réaliser aujourd’hui en l’an IV.
Et il faut rappeler également que cette vision ne s’est pas
trompée puisque quand on regarde ce qui est fait, on se rend
compte qu’une vision contraire serait suicidaire pour l’éclosion
de tout secteur économique, industriel et commercial ??!!!»
Question de journaliste : « Malgré ces efforts, certains pensent
que l’industrie aujourd’hui serait le parent pauvre de votre
département. Concrètement qu’est-ce qui est fait pour que ces
genres d’industries s’installent chez nous au Bénin ? »
Réponse de la ministre : « Ce qui doit être fait est en train d’être
fait…Tout est prêt pour cela et pour l’éclosion de l’industrie. Il
n’y a pas de doute. Ça va venir … Je fais appel à nos compatriotes
pour la consommation locale pour beaucoup d‘amour et de
patriotisme. Je décide de préférer ce que nous produisons…»
Question du Journaliste « Alors que fait votre département
ministériel pour la promotion du secteur industriel, notamment
des produits locaux ? »
Réponse de la Ministre : « Vous avez vu depuis quatre ans,
l’éclosion de beaucoup de marques de produits fabriqués au
Bénin. C’est visible, c’est palpable. On le voit, on en achète, on
en consomme…Que ce soit en agriculture, en termes
d’augmentation de la production, il y aura de la matière première
et c’est très important qu’il y ait des matières premières pour les
industries …»
Question du Journaliste : « Vous dites que c’est une fierté d’avoir
Blues Skies au Bénin. Mais dans le même temps, il y a des
structures qui meurent. Nous parlons de COTEB, de SITEX et
autres, pourquoi ? »
I
ILA FLAMME N°404 04 juin 2021
Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! Page 3
Réponse de la Ministre : «Tout à l’heure, quand je parlais de la
promotion industrielle adaptée, quand j’ai parlé de la
méthodologie rigoureuse amenée par le Président Patrice Talon,
je pense qu’il n’y a pas de confusion quant à l’option choisie. Elle
est claire et tout ce que nous faisons doit être dans l’intérêt des
Béninoises et des Béninois et doit s’inscrire dans la durée. Donc
complètement contraire aux situations qui ont amené à la fin de
vie des entreprises dont vous parlez. Que ce soit COTEB ou SITEX »
Question du journaliste : « Est-ce qu’il y a un plan de
redressement ou de réhabilitation de ces unités de
transformation ? »
Réponse : « C’est des entreprises en fin de vie depuis une dizaine
d’années. Elles ont déjà subi plusieurs plans de redressements et
plusieurs thérapies qui n’ont pas prospéré. Et ce n’est pas un
secret que ce sont des entreprises en fin de vie. … Nous
travaillons actuellement sur le sort des ressources humaines.
Sinon l’outil productif de COTEB est en fin de vie et on le sait
depuis 10 ans. Et c’est également le cas de SITEX où il y a une
administration déléguée qui a encore un peu de salariés et de
production. Et c’est d’ailleurs pour cela que nous avons mis tout
cet arsenal pour attirer les investisseurs afin qu’ils reprennent au
moins SITEX. Car pour COTEB, il n’y a plus rien d’autre à faire »
Question du Journaliste « Mais il n’y a pas que ces deux
entreprises. Il y a d’autres qui n’ont jamais fonctionné.
Notamment les unités de transformation de fruits tropicaux ? »
Réponse de la Ministre « C’est avec tristesse que j’aborde ces
questions parce que il s’agit de six unités de productions avec
l’ambition de transformer des produits locaux dans des régions.
C’est également beaucoup de milliards de francs CFA qui ont été
engloutis… C’est triste à dire effectivement les usines n’ont
jamais fonctionné. Nous avons fait ce qu’il faut pour que des
investisseurs viennent reprendre ces usines là…. »
(Source RUPTURE AN4- Industrie et Commerce – 2016-2020 », le
Temps des Moissons- Secteur industrie et Commerce. Interview
en date du 29 Avril 2020).
II- Observations :
Si nous avons reporté cette longue interview de la Ministre en
charge de l’industrie, c’est pour que chacun apprécie lui-même,
pour ne pas donner lieu à interprétation et à l’accusation de
« procès d’intention ». De façon claire, rien n’a été fait au plan
industriel et c’est ce que Mme la Ministre a tenté vainement de
camoufler sous des déclarations du genre :
-« Et il faut rappeler également que cette vision ne s’est pas
trompée puisque quand on regarde ce qui est fait on se rend
compte qu’une vision contraire serait suicidaire pour l’éclosion de
tout secteur économique, industriel et commercial …« Ce qui doit
être fait est en train d’être fait…Tout est prêt pour cela et pour
l’éclosion de l’industrie. Il n’y a pas de doute. Ca va venir …Tout
à l’heure quand je parlais de la promotion industrielle adaptée,
quand j’ai parlé de la méthodologie rigoureuse amenée par le
Président Patrice Talon, je pense qu’il n’y a pas de confusion
quant à l’option choisie. Elle est claire et tout ce que nous
faisons doit être dans l’intérêt des Béninoises et des Béninois et
doit d’inscrire dans la durée». En un mot, rien n’est clair, malgré
les formules rituelles de la Ministre. Par contre ce qui est clair et
sans confusion, c’est la liquidation des entreprises d’importance
telles COTEB (Compagnie Textile du Bénin), SITEX (Société
Industrielle de Textile) et autres.
Ce qui est clair, c’est que le « la consommation locale » ou
« consommons local » dont parle Mme la Ministre est
complétement contrecarrée par une politique gouvernementale
fiscale qui étouffe les entreprises et productions nationales au
profit des productions extérieures. Il suffit d’aller dans les
magasins demander le sort qui est fait au riz local béninois pour
savoir la réalité. Il suffit de se rendre compte que le Bénin
produit à Savè du sucre avec la société SUCOBE jusqu’à hauteur
de 20.000 tonnes par an, mais que malgré cela, on n’en trouve
aucune trace dans les ménages béninois ; en lieu et place,
règnent 60 ans après les indépendances, les sucres importés de
France du genre St-Louis, Béghin Say, etc. Et cela ne gêne aucun
gouvernement depuis au moins 2003 que les Chinois ont pris en
charge cette entreprise. Vain mot que la « Consommation
locale » ainsi prononcé par un Ministre de la République !
En reprenant simplement l’exemple du Coton dont le Bénin est
premier producteur, cela suit le processus suivant :
Le paysan béninois produit du coton avec les risques de
destruction du sol et de contamination au glyphosate ; il l’égrène
pour favoriser l’exportation vers les industries d’Asie du Sud ; ce
qui donne de l’emploi aux citoyens de ces pays. Les usines
asiatiques fabriquent des habits qui, produits finis, sont exportés
vers les consommateurs européens qui les utilisent. Et une fois
devenus usagés et démodés, ces habits sont déversés au Bénin
sous forme de « friperie « Abloni ou Atchouta ». Pendant ce
temps, les citoyens béninois, notamment les enfants du paysan
coton-culteur sont au chômage ; le tailleur- couturier se tourne
les pouces sans aucun travail pour vivre, tout le monde courant
vers les friperies et « prêt-à-porter » qui envahissent nos rues et
marchés. Pouah ! Quelle honte pour ce pays. Avec cela, on fait la
frime, on parle de développement ! Non ! Arrêtons le bavardage.
Samson

COMMENT LE RENOUVEAU DEMOCRATIQUE A DETRUIT
METHODIQUEMENT LA JEUNESSE BENINOISE.
PARTIE I : LA PRECARISATION DE L’EMPLOI
omme on s’en aperçoit aisément aujourd’hui, le chômage
et le sous-emploi, c’est ce qui caractérise la jeunesse
béninoise dans son ensemble. Ces jeunes gensgarçons et
filles soit actuellement plus de 80% de la population béninoise
sont désœuvrés, sous-employés et à la recherche
désespérément de quoi survivre ; envahissent les carrefours, les
feux tricolores, les ponts péages, les marchés et autres centres
commerciaux, etc. Tous les jours, ces jeunes bravent le soleil, la
pluie, le vent, la fraîcheur, bref, toutes les intempéries
CLA FLAMME N°404 04 juin 2021
Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! Page 4
climatiques ou naturelles juste pour survivre. Plusieurs
terminologies ou expressions sont indiquées pour les désigner :
Diplômés sans emploi, chômeurs, racoleurs, contractuels,
vacataires, communautaires, aspirants, stagiaires, volontaires,
vendeurs à la sauvette, etc. C’est malheureusement le triste sort
fait à la jeune génération par les différents gouvernants
successifs du Bénin depuis 1990.
I- Prémisses d’une déchéance programmée et organisée.
Dès 1986, sur intervention des Institutions Internationales, le
FMI et la Banque Mondiale, les thérapies étaient campées pour
les pays dominés et particulièrement pour le Bénin, mesures
connues sous l’appellation de Programme d’Ajustement
Structurel (PAS). Il faut dégager la jeunesse de toute perspective
d’épanouissement en termes de formation et d’emplois. Le
Pouvoir despotique de Kérékou-PRPB aux abois sous les feux
nourris des luttes populaires, renie ses élans pseudorévolutionnaires et se rend armes et bagages aux injonctions de
ces Institutions assassines. Ainsi dès 1987, furent suspendus tous
recrutements des diplômés à la Fonction Publique. C’est dans ces
conditions qu’intervient la Conférence nationale.
Les Travaux de cette fameuse Conférence nationale entérinent
les mesures scélérates du FMI et de la Banque Mondiale en les
déclarant incontournables, scellant définitivement le sort des
générations de jeunes et les condamnant à la déchéance et à
l’oubli.
II- Au niveau de la Fonction publique le mot d’ordre c’est le
dégraissage de l’effectif de la Fonction publique jugée
pléthorique. Ainsi, l’on finance à tour de bras des Programmes
dits de « Départs volontaires », « Départs ciblés », « Départs
volontaires renforcés ». Et cela, sans le remplacement même des
gens partis à la Retraite. Ceci dura dix bonnes années de 1987 à
1997 sans qu’aucun jeune fasse son entrée à la Fonction
publique ; même le pouvoir libéral de Houphouët n’a pas atteint
ce niveau dans la servitude et l’assassinat de la jeunesse ; lui qui,
au moins, continuait à recruter 1 pour 3 départs à la retraite
jusqu’à sa mort en 1994. Le Gouvernement du Président
Nicéphore D. SOGLO de 1991 à 1996,.s’est malheureusement
illustré dans cette manœuvre et s’est attiré le triste renom « de
élève fidèle des Institutions financières internationales ».
III-Au niveau des emplois privés.
Le mot d’ordre trouvé est « l’auto-emploi ». On abandonne ainsi
le jeune à son triste sort et on lui demande de se débrouiller sans
perspective. Prenons un jeune qui sort de l’université avec un
diplôme d’anglais ou d’histoire ou de géographie à qui on dit de
se « auto-employer » ; et cela sans que l’on lui garantisse une
banque de crédit pouvant soutenir une entreprise. Il faut s’autoemployer. On aura entendu des Ministres de la République et
non des moindres déclarer qu’il faut retourner à la terre sans
donner ou offrir les moyens de ce retour à la terre. Dans leur
entendement, le jeune diplômé sans formation adéquate à
l’université, va reprendre le travail agricole avec les mêmes
méthodes de production primitives (à la houe, daba, etc.) sans
aucun accompagnement financier, sans aucun accompagnement
en expertise et conseil.
Sans ces accompagnements (crédits et Conseils), le jeune est
livré à l’usure et à l’endettement auprès des structures privées
de micro- finances et des banques commerciales.
IV- Le pillage, la destruction et la liquidation systématique des
structures et entreprises publiques stratégiques (économique et
financière) de l’Etat au profit des privées ; les liquidations des
structures telles COTEB (Compagnie de Textile du Bénin), la CBT
(Compagnie Béninoise de Textile), la BCB (Banque Commerciale
du Bénin), etc. complètent les mesures d’assassinat de la
jeunesse avec la mise au chômage des jeunes se trouvant dans
ces structures. Tous les pouvoirs du Renouveau Démocratique
ont agi ainsi sans aucune exception. Ainsi, à la suite de Nicéphore
SOGLO, les autres pouvoirs successifs de Kérékou 2-3 en passant
Boni YAYI 1-2 jusqu’au pouvoir actuel de Patrice TALON, tout a
été mis en place pour que la jeune génération soit assassinée.
Avec le Pouvoir de la Rupture on est tombé dans l’abime. Le
capitalisme sauvage au service d’un Patron-Chef d’Etat a poussé
le bouchon jusqu’à son point extrême. Avec Partenariat PrivéPrivé, la charte du travail, le système d’aspiranat, etc., l’emploi
est passé de son état de précarisation à la ruine totale et à
l’esclavagisme salarial. Ils ont ainsi planifié et exécuté la
destruction de la jeunesse Béninoise.
Mais la question est de savoir comment en est-on arrivé là. La
réponse n’est pas à chercher loin. C’est la soumission des
dirigeants de notre pays à une double dépendance : celle des
organismes et institutions internationales aux ordres des
puissances impérialistes, le FMI et la Banque Mondiale, celle
renforcée encore par le Pacte colonial français en œuvre de
destruction systématique.
Barthélémy G.

Colloque de Lomé sur l’ECO :
Encore une initiative pour poursuivre le sabotage de
l’ECO/CEDEAO
u 26 au 28 mai 2021, s’est tenu sous l’égide de la
Facultés des Sciences de Gestion de l’Université de Lomé
un colloque sur le thème « Quelle monnaie pour quel
développement en Afrique de l’Ouest ». « Initialement prévu en
avril, il a été reporté, sur suggestion du Président Faure
Gnansigbé qui voulait le faire correspondre à la date anniversaire
de la CEDEAO (28 mai) » (Cf "L’ECOnomiste" n° 1923 du 1er juin
2021). Le principal animateur, Kako Nubukpo, naguère connu
comme grand pourfendeur du franc CFA, mais actuellement
membre de la Commission de l’UEMOA (organe de la
Françafrique en matière monétaire), prétendait faire de ce
colloque « Les Etats généraux de l’ECO » et rassembler les
défenseurs de l’ECO/CFA de Macron/ Ouattara et les défenseurs
d’une monnaie souveraine de la CEDEAO. Le colloque devrait
aboutir à l’élaboration d’une feuille de route pour la réalisation
de la monnaie commune sous régionale, l’ECO.
DLA FLAMME N°404 04 juin 2021
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Mais au niveau des invitations, l’on constate l’absence
remarquable des personnalités scientifiques et économistes des
pays anglophones pendant que ceux de la FrançAfrique y
figurent en bonne place. Tracer une feuille de route sans des
représentants de ces pays laisse entrevoir déjà que l’objectif est
tout autre que la monnaie souveraine sous régionale.
Ensuite, le thème du colloque est large et diffus et pose à la fois
deux problématiques : quelle monnaie ? ; pour quel
développement ? On est loin, très loin de la réflexion autour de
la nécessité d’une monnaie souveraine pour le développement.
Le véritable problème de la souveraineté monétaire aujourd’hui
posé par les peuples africains étant ainsi noyé, les pontes et
enragés de la FrançAfrique avaient tout le loisir de développer
les thèses les plus éloignées de ce problème qui défendent la
pérennité de la tutelle monétaire de la France en Afrique
francophone.
A cet effet, ont accouru au colloque tous les pontes grands
défenseurs de la domination française sur le Continent : Lionel
Zinsou, Wilfrid Lauriano do Régo, coordonnateur du Conseil
présidentiel pour l’Afrique en France, Cellou Diallo, etc.
Lionel Zinsou se plaçant d’emblée dans le sillon du sabotage de
l’ECO/CEDEAO par Macron, dira : "Il faut arriver à le faire le plus
possible ensemble. Il y a les huit pays de l’UEMOA (Bénin, Burkina
Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo,
ndlr) qui ont décidé de bouger les premiers et cela a créé des
controverses. Il faudra un jour ou l’autre que les plus proches
rentrent dans le système, que le système soit accueillant vis-à-vis
du Cap Vert, de la Guinée, du Ghana. Puis se posera un jour la
question d’avoir une monnaie commune avec le Nigeria. C’est un
tout petit peu plus compliqué parce que le Nigeria est plus
important que tous les autres".
De son côté, Wilfrid Lauriano do Rego,Franco-béninois,
coordonateur du conseil présidentiel pour l’Afrique en France,
estime que le vrai débat est le financement de l’économie. Et
"suggère d’utiliser les marges de manœuvre dégagées lors du
récent sommet de Paris sur le financement de l’économie (DTS en
faveur des économies africaines) au financement de l’économie
réelle. Au passage, do Rego, salue les réformes historiques sur le
Franc CFA en appelant ses pairs à un effort de vulgarisation. (Cf
"L’ECOnomiste" du 1er juin 2021).
Cellou Diallo, principal opposant à Alpha Condé dit « il faut
véritablement dépasser le débat sur le Franc CFA et se consacrer
aux conditions à réunir pour aller vers la monnaie unique. Les
vrais enjeux sont ceux de l’intégration et de l’élimination des
coûts de facteurs. » Le débat sur le Cfa est un débat à propos de
la souveraineté monétaire. Dépasser le débat sur le franc CFA
pendant que les Macron et Ouattara, soutenus par les enragés
de tout bord de la FrançAfrique, s’acharnent à maintenir tout le
mécanisme du franc CFA et à saboter la monnaie unique
souveraine, seuls des soutiens de la FrançAfrique peuvent faire
une telle rECOmmandation.
A côté de tous ces enragés de la FrançAfrique, Nubukpo, le tout
nouveau commissaire à la Commission de l’UEMOA, tout en
proclamant "sa préférence à l’ECO de la CEDEAO", se satisfait de
la situation actuelle où est mis en œuvre le plan de sabotage de
cette « préférence » par l’impérialisme français et son chef actuel
Macron. Alors l’objectif réel de Nubukpo et des commanditaires
de cette rencontre devient clair avec la conclusion du colloque :
« Dans l’ensemble, au terme de trois jours de débat, il est clair
que les conversations de Lomé ont pour la première fois à notre
sens permis de dépasser le voile monétaire pour s’intéresser à des
sujets de fonds : mécanismes de l’intégration régionale,
compétitivité hors monnaie, mobilité des facteurs, gouvernance
publique et, entre autres, financement de l’économie réelle.
Autant de sujets qui replacent le débat africain sur les vrais
enjeux du développement. »(Op.cit.).
Ainsi, face aux luttes de la jeunesse contre la domination de la
France et pour la souveraineté monétaire des pays africains, le
colloque de Lomé est une diversion. Les concepteurs et
exécutants du plan Védrine pour le renforcement de la
domination française en Afrique, les Lionel Zinsou, Wilfrid
Lauriano do Rego, Kako Nubukpo tentent la vulgarisation de ce
plan en vue de faire diversion à propos du véritable problème
posé.
Les patriotes africains ont toujours combattu la mauvaise
gouvernance, plaidé pour l’intégration régionale, posé le
problème du financement de l’économie réelle. Et à ce titre, ont
combattu le pillage à travers tout le mécanisme du pacte
colonial, dont la monnaie CFA est un pilier. Ils ont toujours
défendu que la souveraineté monétaire constitue une condition
nécessaire, indispensable, sine qua non pour le développement.
La jeunesse africaine se lève. Les impérialistes et leurs agents
tentent de les détourner en organisant des colloques où ils disent
qu’il faut dépasser le voile monétaire. Non, les patriotes et l’APP
(Alliance Pour la Patrie) disent qu’il faut déchirer le pacte colonial
dont le franc CFA.
Le colloque de Lomé, comme toutes les initiatives tel le dernier
sommet de Paris pour la relance de l’économie africaine,
constituent de vaines tentatives visant à briser l’élan de la
jeunesse et des peuples pour le triomphe du patriotisme et de la
probité et leur érection en lois, seule condition pour le
développement de l’Afrique.
Rémy
Sortie de Mahougnon KAKPO du gouvernement : Il n’y a
pas de quoi fouetter un chat !
a liste des ministres du gouvernement de Talon 2 est
rendue publique le mardi 25 mai 2021. Au Ministère de
l’enseignement secondaire, technique et de la formation
professionnelle, Mahougnon KAKPO a passé le témoin à
Yves Chabi Kouaro. Lors de la passation de charge entre ces deux
personnalités (le ministre sortant et celui entrant), certains
responsables syndicaux du personnel administratif et enseignant
n’ont pas caché leur sentiment. Ils l’ont exprimé à travers des
banderoles confectionnées sur lesquelles on pouvait lire des
slogans hostiles à la personne du ministre sortant Mahugnon
KAKPO. « Les enseignants et le personnel administratif du
Ministère des Enseignements secondaire, Technique et de la
Formation professionnelle disent merci au président de la
République, SEM. Patrice Talon, pour avoir relevé le ministre
Kakpo Mahougnon. Le secteur est enfin délivré. » Pour ces
représentants syndicaux, Mahugnon KAKPO serait le principal
responsable des différentes réformes et mesures impopulaires
intervenues dans leur secteur depuis 2016.
Cet acte posé par ces responsables syndicaux montre que ces
derniers sont soit ignorants de la réalité politique de notre pays,
soit de connivence avec le pouvoir. En effet, nul n’ignore la
nature autocratique du pouvoir Talon dont Mahougnon KAKPO
n’a été qu’un simple exécutant. Au sujet des problèmes suscités
LLA FLAMME N°404 04 juin 2021
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par la réforme de l’aspiranat par exemple, Talon dans ses
échanges avec les syndicalistes n’a-t-il pas clairement signifié à
ces derniers que les carottes sont cuites, et que ça ne peut
qu’être consommé comme tel ? Cela démontre aussi clairement
que KAKPO Mahougnon n’exécutait que la volonté de son chef
Patrice TALON en ce qui concerne les multiples réformes qui ont
rendu précaires les conditions de vie et de travail du personnel
enseignant et administratif. Les évaluations diagnostiques, la
suppression des diverses primes, la radiation des enseignants
pour refus d’évaluation n’ont été que les résultats de la politique
du pouvoir TALON. Autrement dit, le déchargement de
Mahoungnon KAKPO de la tête du Ministère ne modifiera rien
dans la gestion contestée du Ministère en général et du
personnel en particulier. Ainsi dit, Monsieur Yves Chabi
KOUARO, le nouveau Ministre n’aura pas à modifier ni les
réformes, ni la politique générale en cours. Sa gestion sera plutôt
un prolongement de celle de son prédécesseur tant décriée.
En effet, Monsieur Yves Chabi KOUARO a précédemment été
Directeur des Ressources Humaines (DRH) du ministère de
l’enseignement secondaire puis après responsable en charge du
suivi du secteur de l’éducation pour le compte du Président de la
République à travers l’organe intitulé « unité présidentielle de
suivi ». Ce parcours montre que l’homme n’est pas un étranger à
ce secteur secteur. D’abord en tant qu’ancien DRH du Ministère,
Monsieur Yves Chabi KOUARO était au centre de la politique de
gestion du personnel administratif et enseignant. Ensuite, pour
avoir été responsable de l’unité présidentielle en charge de suivi
du secteur de l’éducation pour le compte du Président de la
République, il était au cœur de toutes les réformes. Par ailleurs,
l’histoire renseigne que ce Monsieur était l’homme de mains de
Patrice TALON qui marchandait avec les responsables syndicaux
libéraux pour étouffer les mouvements de grève et toutes autres
contestations contre les réformes décriées. C’est donc normal
que sa nomination à la tête du Ministère réjouisse les
syndicalistes corrompus dont il était un grand allié. Yves Chabi
KOUARO est donc aussi un fidèle serviteur de Patrice TALON que
KAKPO Mahougnon. Alors, la joie qu’exprimaient ces
syndicalistes montre leur accointance avec le pouvoir. Ils le font
consciemment ou non pour détourner l’attention de l’opinion
sur le mal que représentent Talon et son pouvoir pour les
travailleurs.
Paulin A.


Cession à la France du territoire de Kotonou par traité du
19 Mai 1868
Un Motif d’agression coloniale française contre notre
Patrie.
histoire nous renseigne que l’une des causes dernières
servant de motif à la guerre coloniale de la France à Dada
Gbêhanzin du Danhomê, fut le différend sur le territoire
de Kotonou (Cotonou). En effet par « traité » en date du 19 Mai
1868, Dada GLELE « fait cession » « gratuitement » à la France du
territoire de Kotonou. Le conflit qui naît à propos de ce
document, motif de guerre est l’interprétation à donner du
terme « céder » le territoire de Kotonou. Les colonialistes
français trouvent dans ce terme, la vente à la France du territoire
de Kotonou ; alors que comme le clame Dada Gbêhanzin, il n’a
jamais été question de la part de Son illustre Père, de vendre au
sens du droit romain, ne serait-ce qu’un centimètre du territoire
de la Patrie, propriété inaliénable des Alladahonou. D’autant que
selon les traditions danhoméennes, la Terre ne se vendait pas ;
aussi selon Dada Gbêhanzin, il ne s’est agi que d’une simple
concession du droit d’usage accordé à la France sur la plage de
Kotonou.
Nous publions ici le contenu de ce fameux « Traité » de cession
sur Cotonou, prétexte de guerre coloniale pour permettre à
chaque patriote béninois, de se faire une idée de la perfidie
criminelle dont font usage les Colonialistes pour soumettre les
peuples.(Cf. Philippe Noudjènoumè et Denis Sindété « Les Traités
et Accords de Coopération entre le Bénin et la France », éditions
de l’Imprimerie Nationale du Bénin, Porto-Novo, 1996, pages 27-
28).
La Rédaction.
Les traités et accords de 1851 à 1958
1- traité du 19 mai 1868
Cession à la France du territoire de Kotonou
Extrait de R. CORNEVIN: " Histoire du Dahomey", pp.289-290
L'an mil huit cent soixante-huit, le dix-neuf du mois de mai, les
soussignés Jean-Baptiste Bonnaud, agent vice-consul de France
au Dahomey et à Porto Novo, assisté de Pierre Delay, négociant
français à Whydah, et le Daba, yavogan-gouverneur de Whydah,
agissant au nom et par les ordres du roi de Dahomey, assisté de
Chautadon grand cabécère de Whydah, en présence de tous
leurs moces, des envoyés ordinaires et extraordinaires du roi de
Dahomey, se sont réunis dans la maison du yovogan, siège du
gouvernement du roi de Dahomey à Whydah à l'effet de convenir
de ce qui suit :
Le yovogan ayant pris la parole s'est exprimé ainsi :
" Le roi de Dahomey, dans son désir de donner une preuve
d'amitié à S.M. l'Empereur des Français, et reconnaître les
relations amicales qui ont existé de tout temps entre la France et
le Dahomey, avait vers la fin de l'année 1864 fait cession à la
France de la plage de Kotonou. Le 9 mars dernier, il a envoyé à
Whydah un messager spécial nommé Kokopé, porteur de son
bâton royal, à l'effet de renouveler cette cession entre les mains
du vice-consul de France avec toute la solennité en usage dans le
Dahomey.
"Dans ces circonstances, il a été jugé nécessaire tant par le roi de
Dahomey que par le vice-consul de France qu'un acte écrit
constatât la confirmation de la cession faite antérieurement par
le roi de Dahomey de la plage de Kotonou et l'acceptation par la
France de cette cession.
" L’agent vice-consul a répondu au nom du gouvernement de
l'empereur, en exprimant toute sa gratitude au roi de Dahomey
pour cette nouvelle preuve d'amitié.
" Il a a ajouté qu'il acceptait cette cession dans la pensée qu'elle
favoriserait l'extension des relations commerciales existant
entre les deux pays et serait ainsi profitable à tous les deux; mais
que, et quel que fût le désir du roi de Dahomey de voir Kotonou
occupé militairement par la France, le gouvernement de
l'empereur n'avait pas cru devoir jusqu'à présent, réaliser cette
occupation et qu'il ne la réaliserait qu'autant que cela
conviendrait à ses intérêts ; que jusqu'à ce moment rien ne
L’LA FLAMME N°404 04 juin 2021
Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! Page 7
devait être changé à l'état des choses actuel, en ce qui concerne
les indigènes du pays et la perception des droits de la douane.
" Le yovogan, les grands cabécères, les envoyés du roi de
Dahomey et les moces présents de tous les grands cabécèrs du
royaume ayant manifesté leur adhésion aux paroles prononcées
par M. l'agent vice-consul les articles suivants ont été rédigés
d'un commun accord entre toutes les parties contractantes."
Article premier :
Le roi de Dahomey en confirmation de la cession faite
antérieurement déclare céder gratuitement à S.M. l'Empereur
des Français le territoire de Kotonou avec tous les droits qui lui
appartiennent sur ce territoire, sans aucune exception ni réserve
et suivant les limites qui vont être déterminées.
Au sud par la mer ; à l'est par la limite naturelle des deux
royaumes de Dahomey et de Porto-Novo ; à l'ouest, à une
distance de 6 kilomètres de la factorerie Régis aîné, sise à
Kotonou, sur le bord la mer ; au nord à une distance de 6
kilomètres de la mer mesurés perpendiculairement à la direction
du rivage.
Article 2 :
Les autorités établies par le roi de Dahomey à Kotonou
continueront d'administrer le territoire actuellement cédé
jusqu'à ce que la France en ait pris effectivement possession.
Rien ne sera changé à l'état des choses existant actuellement, les
impôts et les droits de douane continueront comme par le passé
à être perçus au profit du roi de Dahomey.
Article 3 :
Le présent traité sera soumis à l'approbation du gouvernement
de S.M. l'Empereur des Français, mais la cession du territoire de
Kotonou est considérée d'ores et déjà comme définitive et
irrévocable, sauf la non-ratification du présent traité par
l'Empereur des Français.
Fait et signé par les parties contractantes à Whydah, les jours,
mois et an que dessus.
Ont signé : BONNAUD, agent consulaire de France à Whydah,
DABA, yévogan.


Le boxeur Clément LOKO, une perle à entretenir.
é le 27 décembre 1996, Clément LOKO alias «Panthère
Rouge » est sacré à nouveau champion de la World
Professionnel Boxing Federation (WPBF). C’est au terme
d’un combat disputé face au Nigérian Olamoyero Adetunji
Semiu le samedi 29 mai 2021 au Complexe sportif d’Abobo à
Abidjan.
Le pugiliste béninois a conservé sa ceinture, version World
Professionnel Boxing Federation (WPBF) dans la catégorie poids
plume.
Confiant, convaincu et optimiste, on pouvait entendre Clément
LOKO une heure avant le combat dire : «Je vous rassure la main
sur le cœur que je suis prêt pour mouiller les gants. Je veux
remporter cette ceinture pour ma patrie avant tout, puis pour
mes fans qui ne cessent de me soutenir à travers leurs
différents messages d’encouragement».
Clément LOKO a tenu sa promesse en battant au point son
adversaire. Il est donc déclaré vainqueur de ce combat au 10ème
round à l’unanimité des juges. Panthère rouge, sextuple
champion du Bénin chez les amateurs, compte désormais dans
son palmarès 7 combats professionnels, dont 6 par K.O et hisse
le drapeau du Bénin très haut.
Doit-on simplement se réjouir de la victoire de Clément LOKO ou
penser à comment faire pour qu’il ne se lasse de travailler
davantage à hisser haut le drapeau du Bénin ?
Qu’il vous souvienne le 15 décembre 2000, le roc de la boxe
béninoise SOWETO âgé de 37 ans avait rendu l'âme au CNHU de
Cotonou suite à une maladie de sang devant le regard silencieux
de nos dirigeants.
Il est donc impératif que les gouvernants pensent à une politique
pouvant aider non seulement Clément LOKO dans la catégorie du
sport BOXE mais aussi tous les autres jeunes amoureux du sport
qui se battent au quotidien pour donner le meilleur d’euxmêmes sans aucune aide de la part des gouvernants.
ECOGNON
Escroquerie de la population par la Société de Gestion
des Déchets et de la Salubrité du Grand Nokoué (SGDSGN)
artie de rumeurs sur les réseaux sociaux, la vente des
poubelles par la société de gestion des déchets et de la
salubrité du Grand Nokoué (SGDS-GN) se confirme et ceci
par un Communiqué en date du 2 Juin 2021 et signé du directeur
général de la SGDS-GN, M. Valéry Lawson.
Dans ce communiqué on peut lire «Dans le cadre de la
modernisation de la gestion des déchets, la société de gestion
des déchets et de la salubrité informe les ménages qu’ils doivent
désormais conditionner les ordures ménagères dans des
poubelles aux normes EN 840.
Ces poubelles homologuées sont en vente en porte-à-porte par
les PME mandatés pour la collecte des déchets dans les quartiers
du Grand Nokoué, au prix coûtant de 25.000 francs CFA. Elles
sont également disponibles au siège social de la SGDS, situé dans
le quartier St Michel à Cotonou. »
Donc, la condition désormais pour que les agents collecteurs
vident les ordures ménagères de la population est l’achat de ces
poubelles de 25.000 Fcfa dans un pays où le SMIG est à 40.000
Fcfa et il n’y a pas eu augmentation de salaire des agents de l’Etat
depuis près de 5 ans.
Comment comprendre que l'enlèvement des déchets qui est
supposé être gratuit est ajouté aux factures d'électricité, et d'eau
et en plus, ils se permettent de vendre des poubelles aux
ménages au lieu de mettre ces poubelles à disposition dans les
N
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Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! Page 8
quartiers, dans les coins de rues, devant les maisons pour que
chaque ménage vienne déposer ses ordures et que les agents
collecteurs les ramassent.
Une fois encore, nous voyons que Patrice Talon par le biais de M.
Valéry Lawson, Directeur Général de la Société de Gestion des
Déchets et de la Salubrité du Grand Nokoué (SGDS-GN), profite
de toute occasion pour continuer de pressurer la population
dépouillée et affamée.
Ainsi donc la déclaration du Président Patrice Talon de placer son
deuxième mandat sous le signe du « hautement social » est un
gros mensonge.
Babatundé A.
****************************************************
LES POPULATIONS DU COUFFO SOUS MENACES D’UNE
FAMINE
a période de la grande saison des pluies a cours d’habitude
depuis le mois d’avril. En ce mois de juin, la plupart des
champs de maïs devraient être au moins à l’étape de la
floraison. Mais que constate-on ?
De la désolation totale. Des feuilles de maïs dans les champs sont
recroquevillées, desséchées. Combien de fois les paysans n’ontils pas semé dans la période ! Et pourtant. Le soleil a dicté sa loi,
a tout détruit. L’on se demande pourquoi le ciel s’est-il
subitement fâché contre les populations du Couffo ? Malgré les
prières, les offrandes aux ancêtres, rien n’y fit.
Conséquences : le prix des produits a considérablement
augmenté au-delà de 50% des prix habituels de saison. Tenez :
actuellement, à fin mai, aux marché d’Azové et de Klouékanmè,
le kilogramme de maïs est à 350 francs, le gari à 450 , du haricot
blanc à 700 francs, du haricot rouge à 550 francs, l’huile
d’arachide à 1.000 francs le litre, même la noix de palme utilisée
dans le milieu pour faire de la sauce est passée à 300 francs le kg.
La misère est partout dans les ménages. A cela viennent s’ajouter
les multiples taxes et impôts que ne cessent de créer le pouvoir
central et l’administration locale.
La faim tenaille. On fait déjà recours aux réserves de soudure. Les
structures étatiques d’approvisionnement en produits vivriers
étant démantelées, comment les populations vont-elles survivre
jusqu’à la fin de la petite saison? La pénurie s’installant, quelle
sera la suite après la petite saison ? La famine, comme celle
mémorable de 1977, est à nos portes. Que faire ?
Codjo.

A PROPOS DES EXCUSES DE L’ALLEMAGNE POUR LE
GENOCIDE EN NAMIBIE
e 24 mai 2021, après plusieurs années de refus et de
dénégation, le Gouvernement allemand a enfin reconnu le
génocide des peuples Herero et Nama de Namibie au
début du vingtième siècle. Cette reconnaissance tardive est la
conséquence directe du grand vent de l’antiracisme qui secoue
le monde depuis l’assassinat de l’afro-américain Georges Floyd
aux USA et qui a fait progresser l’éthique de plusieurs degrés.
Longtemps occulté et nié, ce génocide est inconnu du grand
public. Voilà pourquoi nous publions un texte tiré du livre de
Serge Bilé intitulé : « Noirs Dans les Camps Nazis » qui montre
ce qu’a été le génocide des Herero et comment ce dernier a été
une répétition générale pour ce qui se passera quelques années
plus tard avec le pouvoir nazi de Hitler. Ce génocide qui a fait plus
60.000 morts chez les Herero et 20.000 au moins chez les Nama
de Namibie est un des plus grands désastres humanitaires du
monde. Lisez :
« Quand les premiers colons allemands débarquent sur ses
côtes en 1870, la Namibie est une mosaïque de peuples divisés
entre Ovambo, Kavango, Nama et encore Herero. Une désunion
dont joueront d’ailleurs les Allemands pour s’aventurer et
s’installer à l’intérieur des terres. Des Allemands qui découvrent
très vite les richesses du sous-sol namibien avec sa profusion de
cuivre et surtout de diamants. Pour exploiter ces gisements et
étouffer toute velléité de contestation, le chancelier Otto von
Bismarck nomme en 1884 un gouverneur civil chargé
d’administrer la nouvelle colonie. Cet homme, dont le nom de
famille, nous est devenu, depuis tristement commun, c’est
Heinrich Goering, le père de Hermann Goering, qui deviendra
plus tard, l’un des plus hauts dignitaires nazis. Heinrich Goering
a recours, pour remplir sa tâche, à des méthodes expéditives :
déplacement des populations parquées dans des réserves
raciales et réduites en esclavage, exécutions sommaires en cas
de résistance et confiscation systématique des terres et du
bétail. Une ségrégation et une barbarie auxquelles s’opposera
vigoureusement un petit peuple de bergers, les Hereros, conduit
par un chef obstiné et courageux, Samuel Maharero. Il préconise
pour bouter les Allemands hors du pays, de créer le plus large
front possible. « Toute notre docilité et notre patience envers les
Allemands ne nous servent à rien, car chaque jour, ils nous
fusillent pour rien, écrit-il le 11 janvier 1903 aux autres chefs de
tribus pour les exhorter à la révolte. Mes frères, n’en restez pas
à votre premier refus de participer au soulèvement, mais faites
en sorte que toute l’Afrique combatte les Allemands. Mourons
plutôt ensemble au lieu de mourir de mauvais traitements, en
prison ou encore d’autres manières. » Sa missive restera sans
réponse. Las, les Herero décident, un an plus tard, jour pour jour,
le 11 janvier 1904, de se lancer seuls dans la bataille. Ils attaquent
une garnison allemande à Okanhandja, tuent une centaine de
colons et détruisent leurs lignes de télégraphe et de chemin de
fer. Une véritable humiliation pour les Allemands, qui n’auront
de cesse de de se venger, épaulés par des renforts qui ne
tarderont pas à arriver. Trois mille hommes et un nouveau
commandant en chef connu pour sa brutalité et sa poigne de fer,
le général Lothar von Trotha. Von Trotha confirme sa réputation
en lançant dès le 2 octobre 1904, aussi incroyable que cela puisse
paraitre, un ordre d’extermination (Vernichtungs-befehl) à
l’encontre des Herero. « Moi, général des troupes allemandes,
adresse cette lettre au peuple Herero. Les Herero ne sont
dorénavant plus des sujets allemands. Tous les Herero doivent
L
LLA FLAMME N°404 04 juin 2021
Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! Page 9
quitter le pays. S’ils ne le font pas, je les y forcerai avec mes
grands canons. Tout Herero aperçu à l’intérieur des frontières
allemandes (namibiennes) avec ou sans arme, avec ou sans
bétail, sera abattu. Je n’accepte aucune femme ni enfant. Ils
doivent partir ou mourir. Il n’y aura aucun prisonnier mâle.
Tous seront fusillés. Telle est ma décision pour les Herero. »
Une décision immédiatement mise à exécution avec une minutie
et une stratégie diabolique. Hommes, femmes et enfants Herero
sont systématiquement exterminés. Les survivants sont
pourchassés, pris en tenaille et repoussés méthodiquement vers
le désert où ils mourront d’épuisement, de faim et de soif. Les
Allemands avaient pris soin auparavant d’empoisonner l’eau des
puits… La révolte matée, dans le camp des bourreaux, c’est la
jubilation, comme l’atteste ce rapport de mission d’une
patrouille allemande : « Le blocus impitoyable des zones
désertiques pendant des mois a parachevé l’œuvre
d’élimination. A l’arrivée de la saison des pluies, nous avons
trouvé des squelettes gisant autour de trous secs, profonds de
douze à quinze mètres, que les Herero avaient creusés pour
trouver de l’eau. Les râles des mourants et leurs cris de folie
furieuse se sont tus dans le silence sublime de l’infini. Le
châtiment a été appliqué. Les herero ont cessé d’être un peuple
indépendant. » Le bilan est effrayant : soixante mille morts, soit
plus de 80% de la population Herero, éliminé en quelques mois.
Un véritable génocide… Les quinze mille survivants Herero,
essentiellement des femmes, sont faits prisonniers et regroupés
dans ce que les Allemands appellent déjà des
konzentrationslager, des « camps de concentration ». Le terme
est utilisé officiellement pour la première fois dans un
télégramme de la chancellerie daté du 14 janvier 1905. Dès leur
arrivée dans ces camps de travaux forcés clos par de hauts
barbelés, les Herero sont tatoués de ces deux lettres : GH, pour
Gefangener Herero, ce qui signifie Herero capturé. La suite, c’est
un témoin britannique de ce drame, Hendrik Fraser, qui la
raconte : « Lorsque je suis entré à Swakopmund, j’ai vu beaucoup
de prisonniers de guerre Herero. Les femmes devaient travailler
comme les hommes. Le travail était harassant. Elles devaient
pousser des chariots chargés à ras bord sur une distance de dix
kilomètres. Elles mouraient littéralement de faim. Celles qui ne
travaillaient pas étaient sauvagement fouettées. J’ai même vu
des femmes assommées à coup de pioche. Les soldats allemands
abusaient d’elles pour assouvir leurs besoins
sexuels…Malnutrition, mauvais traitements, exécutions
sommaires des malades et des plus faibles, au bout d’un an, ce
sont pas moins de 7862 Herero, soit la moitié des détenus, qui
meurent en captivité. Mais le calvaire ne s’arrête pas là. Les
Allemands, trop heureux de disposer dans ces camps d’une main
d’œuvre gratuite, en profitent pour réaliser toutes sortes
d’expérimentations anthropologiques, scientifiques et
médicales, transformant du coup ces malheureux prisonniers
Herero en véritables cobayes humains. Des recherches qui
seront conduites sur place par l’un des généticiens racialistes
allemands les plus influents de l’époque, le docteur Eugen
Fischer… De retour en Allemagne, Eugen Fischer dirige, à
l’avènement d’Hitler, l’institut d’anthropologie, d’hérédité
humaine et d’eugénisme de Berlin. Il collabore naturellement
avec les SS, épaulé par son fidèle assistant, le futur bourreau
d’Auschwitz, Josef Mengele. Fischer et Mengele appliqueront
par la suite dans les nouveaux camps de concentration et
d’extermination conçus par les nazis tout ce qu’ils ont appris et
expérimenté en Namibie. Mais cette fois à une plus grande
échelle. »
"Noirs dans les camps nazis" de Serge Bilé : Editions du Rocher/
Le serment à Plumes, année 2005 Page 7 à 13.
****************************************************
DERNIERE HEURE
SUSPENSION DES OPERATIONS MILITAIRES
FRANCAISES AVEC L’ARMEE MALIENNE : UN AVEU
D’AGRESSION CONTRE LE PEUPLE MALIEN
e 3 juin 2021, le ministère français des affaires étrangères
a annoncé dans un communiqué : « Des exigences et des
lignes rouges ont été posées par la CEDEAO (Communauté
Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et par l’Union
Africaine pour clarifier le cadre de la transition politique au Mali.
Dans l’attente de ces garanties, la France (…) a décidé de
suspendre, à titre conservatoire et temporaire, les opérations
militaires conjointes avec les forces maliennes ainsi que les
missions nationales de conseil à leur profit ». Ce communiqué
appelle plusieurs remarques.
1) En s’appuyant sur les décisions de la CEDEAO et de l’Union
Africaine, la France fait du faux. En effet, si ces deux
organisations ont suspendu le Mali de leurs instances en
recommandant que la transition puisse finir en février
2022, elles n’ont jamais fixé de lignes rouges en menaçant
les responsables maliens.
2) Il y a quelques mois, par exigence du respect de la
souveraineté de leur pays, les autorités maliennes ont
exigé que les sorties des militaires français de Barkhane se
fassent en compagnie des militaires maliens et non plus
seuls.
3) En refusant de travailler avec les militaires maliens, la
France reconnait que son contingent au Mali est une
troupe d’occupation militaire et d’agression non
seulement vis-à-vis du peuple malien, mais de tous les
peuples africains.
4) En réalité, tout ce qui reste à la France, c’est de dégager ses
troupes du Mali pour laisser le peuple malien vivre sa vie.
La Rédaction
LLA FLAMME N°404 04 juin 2021
Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! Page 10
Talon a reconnu publiquement à Djidja qu’ils
sont tous, au gouvernement des voleurs et ils
sont tous libres
184 SEMAINES
Vient de paraitre :
LES ACTES FONDAMENTAUX
DE L’ALLIANCE POUR LA
PATRIE (A.P.P)
Prix de vente : 300f l’unité.
Prix de soutien : à partir de 500f.
Lieux de vente :
Siège du Parti Communiste du Bénin
(PCB) à Gbèdégbé, Cotonou
A la bourse du Travail de Cotonou, 

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